
Critique Clérambard dans le Figaro (22 septembre 2008) Jean Marie Bigard s'impose dans "Clérambard" Le comédien sert à merveille l'esprit caustique de Marcel Aymé. Quelle bonne idée que cette reprise de Clérambard, quel plaisir de retrouver la fantaisie, l'irrévérence, l'originalité délicieuses de Marcel Aymé ! Créée en 1950, la pièce n'a pas pris une ride : c'est un conte qui se moque de la morale rigide et pose pourtant quelques questions sérieuses, sur la société, l'argent, la foi, l'espérance et la charité. Rien que ça! Et pourtant on rit deux heures durant, de très bon coeur. Nicolas Briançon rêvait depuis longtemps de raviver les couleurs de cette comédie dont Yves Robert fit un film en 1969. Philippe Noiret jouait alors l'aristocrate cruel que Saint François d'Assise visite... Avant lui, sur les planches, Jacques Dumesnil et Jean Pierre Marielle avaient incarné ce personnage singulier. Un melon vissé sur le crâne Dans un très harmonieux et ingénieux décor de Pierre-Yves Leprince, qui signe aussi les spirituels costumes, le metteur en scène s'appuie sur la personnalité forte de Jean-Marie Bigard. Robe de chambre et melon vissé sur le crâne, bottes de hobereau - Marcel Aymé précise beaucoup dans ses didascalies -,le comédien est parfait. Voix très bien placée, diction sans défaut, texte donné tout en nuances, il s'impose d'autant mieux qu'il joue avec ses camarades, comme il le fit il y a quelques saisons dans "Le Bourgeois gentilhomme". La distribution est superbe qui tient parfaitement le fil entre caricature et sérieux, cocasserie et émotion. Tout le monde ici mériterait citation : C'est une troupe unie, fine, qu'a réunie Nicolas Briançon. Il imprime un excellent mouvement à la représentation et sert avec intelligence le grand Marcel Aymé.
En choisissant un certain Bigard, Nicolas Briançon se vautre dans le ridicule, en s'assurant des rentrées d'argent substantielles. Comment tomber plus bas sur le plan artistique ? Nicolas Briançon est-il un artiste ? Lui seul le croit.