Roy Andersson

Une Histoire d'amour suédoise (2009)

Photo dernier film Roy Andersson
Photo dernier film Roy Andersson

Biographie

Roy Andersson a été formé à la Swedish Institute of Film. En 1970, il dirige son 1er long métrage, Une Histoire d'amour suédoise. Tournée en plans larges et en son direct, avec un minimum de dialogues, cette histoire d'amour entre deux adolescents s'inscrit comme un bijou de cinéma naturaliste. Considéré à raison comme cinéaste des plus prometteurs, Andersson tourne cinq ans plus tard Giliap, mettant en scène un garçon de café mélancolique entraîné dans une étrange aventure avec sa nouvelle petite amie.

Malheureusement, la critique éreinte le film en condamnant le recours aux plans fixes. Ebranlé, Andersson se réfugie dans la publicité : Ingmar Bergman déclarera d'ailleurs qu'il est le meilleur réalisateur de pubs au monde.

En 1987, alors qu'explose l'épidémie de sida, le cinéaste reçoit une commande du ministère de la santé suédois. Andersson, qui n'a jamais caché son admiration pour le peintre allemand Otto Dix, illustre alors en 24 tableaux aussi absurdes que géniaux les origines de la maladie et ses répercussions dans le monde. Cependant, le ministère juge l'oeuvre trop subversive et la désavoue : le tournage est même interrompu. Ce n'est que quelques années plus tard que Quelque chose est arrivé sera présenté intégralement et décrochera plusieurs prix prestigieux.

La projection de ce percutant court-métrage sera suivie de Monde de gloire (1991) qui trace en 15 tableaux fixes, tantôt cauchemardesques, tantôt tragi-comiques, la banale existence d'un homme d'une quarantaine d'années qui regarde le spectateur dans le blanc des yeux. Cette fois, Andersson a trouvé son style, loin du cinéma narratif traditionnel.

Vingt-cinq ans après Giliap, Andersson revient en force en 2000 avec une oeuvre apocalyptique de 46 plans-séquences mémorables qui donnent froid dans le dos. Inspiré d'un poème de Cesar Vallejo, Chansons du deuxième étage s'impose par son surréalisme lugubre, son cynisme sombre et, une fois de plus dans la carrière d'Andersson, par la précision avec laquelle chaque plan est composé : le film remporte le prix du Jury au festival de Cannes.

En 2007, Nous, les vivants, présenté dans la sélection Un certain regard à Cannes, poursuit l'exploration de la solitude inhérente à la condition humaine. Révélant nos turpitudes, Andersson n'a jamais dépeint la société moderne avec autant de désespoir et d'humour noir à la fois.
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