Sergio Cabrera

Perdre est une question de methode (2005)

Photo dernier film Sergio Cabrera
Photo dernier film Sergio Cabrera

Biographie

"Je suis né à Medellin en Colombie en 1950 où je suis resté jusqu'en 1962. Je suis ensuite parti vivre en Chine où j'ai poursuivi mes études dans une école nationale parallèlement aux prémices de la révolution chinoise.

Je suis revenu en Colombie en 1968 afin de me battre pour la révolution. Mais après quatre années de lutte, j'ai réalisé que mon utopie n'était qu'un cauchemar. En 1973, je suis retourné en Chine sans avoir pu rien changer.

Toujours aussi utopiste, mais beaucoup moins communiste, j'ai alors décidé de devenir réalisateur. J'ai commencé à tourner mes premiers films pendant que j'étudiais à l'Université de Beijin. En 1975, je suis allé m'installer à Londres pour étudier le cinéma à la London Film School.

J'ai depuis réalisé six films de long métrages, douze courts métrages et de nombreuses séries, soap opéras et documantaires destinés à la télévision. J'ai également été directeur de la photographie, monteur, producteur et même acteur. J'ai également participé à l'écriture de plusieurs de mes films."

Le cinéaste colombien Sergio Cabrera revient au cinéma après trois années d'absence avec Perdre est une question de méthode, un thriller qui a permis au réalisateur de faire un état des lieux de la corruption en Colombie via le personnage de Victor Silanpa, interprété par l'acteur mexicain Daniel Gimenez Cacho.

Il a commencé à être reconnu grâce à son film La stratégie de l'escargot, qui s'inspirait directement de son expérience à la chambre des députés.

Golpe de estadio, réalisé en 1998, est le dernier film de fiction de Sergio Cabrera. En 2002, il abandonne sa carrière politique avec l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite, ce qui l'obligea à quitter son pays et à se réfugier en Espagne.
"J'ai lu le roman éponyme de Santiago Gamboa alors que j'effectuais mon second mandat en tant que vice président de la Chambre des députés de Colombie. Durant la période 1998 - 2002, j'ai pensé renoncer au cinéma pour me consacrer entièrement à la politique, mais celle-ci m'empêchait de me rapprocher vraiment du problème de la corruption, contre laquelle je ne pouvais rien" comment Sergio Cabrera lors de l'avant-première de son film en Espagne.

La vision qu'offre Perdre est une question de méthode est très pessimiste, car comme l'explique Cabrera, "Le titre fait référence aux épreuves necessaires pour accéder à la vistoire, cela induisant une multitude de petits echecs. Je crois qu'il est possible que la corruption prenne fin un jour dans mon pays, mais un film triomphaliste n'aurait fait que donner une mauvaise image de la Colombie".

Cependant Cabrera aime mettre en scène des gens qui trouvent des solutions à leurs problèmes. "Ce sont des personnages très romantiques, en particulier l'employé Esteban et la jeune prostituée. Ils représentent tous ceux qui en Colombie défendent la vérité et tentent de faire respecter la justice. C'est pour cette raison précisément que mon héros est journaliste, car un journaliste ne peut généralement pas faire triompher la justice."

Le réalisateur, qui utilise l'ironie dans tous ses films, le fait particulièrement ressentir dans ce film. "Le problème de la corruption est tellement profond et quotidien dans mon pays que les gens y sont devenus complètement insensibles. C'est pourquoi le public la reçoit comme une matière de comédie, sans essayer d'approfondir les choses. Je ne crois pas avoir réussi à influencer la réflexion de mon pays sur ce thème. Néanmoins je serais incapable de faire un film sur la Colombie sans utiliser l'humour, parce que l'humour invite plus à la reflexion que les drames. Le grand public n'entrevoir malheureusement que la partie divertissante, car le cinéma Hollywoodien incite les gens à rester à la surface."

Selon Cabrera, la lecture du film en Europe devrait être plus profonde.
Perdre est une question de méthode est sur nos écrans le 27 juillet 2005.
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