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France - 2006 - 1H53 -
Genre : Documentaire
Tout public Date de sortie : 03/10/2007 Un film de : Nicolas Philibert Site Officiel |
Un film sur un film, sur un fait divers
"À l'origine de ce film il y en a un autre.
Celui que le cinéaste René Allio tourna en Normandie en
1975 d'après un fait-divers : Moi, Pierre Rivière, ayant
égorgé ma mère, ma soeur et mon frère...
J'avais 24 ans. René Allio m'avait offert le poste de premier
assistant à la mise en scène.
Tourné à quelques kilomètres de l'endroit où le triple
meurtre avait eu lieu 140 ans plus tôt, ce film allait devoir
une grande part de sa singularité au fait que la plupart
des rôles avaient été confiés à des paysans de la région.
Aujourd'hui j'ai décidé de retourner en Normandie, à la
rencontre des acteurs éphémères de ce film.
Trente ans ont passé..."
En 1975, Nicolas Philibert (il était un jeune assistant) participait à l'aventure exceptionnelle du film de René Alliot "Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère". Ce long métrage racontait l'histoire d'un fait divers survenu dans le bocage normand en 1835, selon lequel un jeune paysan avant égorgé à coups de serpe une partie de sa famille. Tourné non loin du lieu où le triple meurtre avait eu lieu, le film a la singularité d'avoir été tourné par des paysans de la région, ou d'habitants de la région. Retour en Normandie revient sur les lieux du tournage 35 ans après en qualité de réalisateur. Il retrouve les comédiens amateurs et les filme. Ils gardent quasiment tous un grand souvenir de ce tournage, unique chance de leur vie de faire un film. Un seul de ces comédiens amateurs a tenté de faire carrière à Paris. Certains ressortent leurs photos du tournage. Ce film est tourné comme un documentaire, l'histoire de Pierre Rivière ayant été le fil rouge de tournage. J'ai été un peu déçue, un peu sur ma faim parce que justement je n'avais pas vu le film de René Alliot et ce tournage m'a donné envie de le voir pour mieux comprendre ce que le film de Nicolas Philibert pouvait avoir de réellement intéressant. Donc je conseille : voyez le film de René Alliot et après seulement celui de Nicolas Philibert.
Evidemment ce pourrait être qu'une histoire de vieux pour les vieux. J'en suis. "Moi, Pierre Rivière...", Michel Foucault, René Allio. Cela fleure bon les années soixante-dix. Mais la façon de filmer fait passer la pilule de la nostalgie. Il n'est pas nécessaire, je pense, d'être contemporain de la première visite en Normandie pour apprécier ce film. Ce qui frappe le plus c'est l'immense respect du cinéaste envers les amateurs qui tournèrent dans le film il y a maintenant trente ans. Les caméras pliées, chacun est retourné vaquer à ses travaux, mais on sent bien que l'expérience vécue a laissé une trace indélébile. C'est cette trace que Nicolas Philibert nous fait toucher du doigt et du coeur avec une dicrétion et un savoir faire que l'on avait déjà appréciés dans "Etre et avoir". Il aime ceux qu'il film.
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