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Britan. - 1980 - 2H26 -
Genre : Drame psychologique
Interdit - 12 ans Un film de : Stanley Kubrick Avec : Jack Nicholson |
Shining
Jack Torrance s'installe avec sa femme et son fils Danny dans un hôtel fermé à la morte saison afin d'écrire un roman. Il apprend que le gardien précédent a tué sa femme et ses deux filles avant de se suicider. Très vite, Jack va s'apercevoir que des choses étranges se passent autour de lui et que son fils a des pouvoirs extrasensoriels...
J'ai eu la très bonne idée de regarder ce film la veille de la rentrèe et il m'a fait un bien fou....Voir Jack Nicholson en dangereux schyzophrène relativise nos soucis....Et puis pour parler du film il est si brillant, beaucoup de scènes sont d'anthologie et l'on découvre des détails à chaque visionnage....La chambre 237, le bar où les gens apparaissent puis disparaissent dans une ambiance veloutée, le passage du gamin avec le tricycle sur les tapis, la phrase "Un Jack qui ne fait que travailler et qui ne sait pas s'amuser devient un type inintéressant" tapée des milliers de fois à la machine et traduite de façon un peu désinvolte par "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, l'épouse naive avec sa batte de baseball qui semble dérisoire face à la folie du monstre psychpopathe, bref j'ai vu un film culte, un chef d'oeuvre et l'un des plus beaux films de frayeur qui soit....Bravo Monsieur Kubrick...
Stanley Kubrick a fait peu de films, mais tous sont de grands films, et qui plus est, de genre différents. En effet, il toucha pratiquement à tous les genres : films d’époque (Barry Lyndon), de guerre (les sentiers de la gloires), de science fiction (2001, odyssée de l’espace, voir mon avis), péplum (Spartacus), thriller (le baiser du tuer) et horreur avec Shinig. Mais si dans ce film, nous retrouvons tous les ingrédients du genre (fantômes, et autres phénomènes paranormaux), on y retrouve également les obsessions de l’auteur : le cycle de l’éternel retour, ce qui fait qu’on oublie vite le roman best seller de Stephen King, dont est issu le film. Ce qui frappe avant tout dans cette œuvre, c’est la richesse et la profondeur architecturale. Le labyrinthe fonctionne comme une métaphore du cerveau de Jack Nicholson (effrayant !). ce personnage, un écrivain raté, revivra le meurtre de sa famille qui a déjà eu lieu cinquante ans plus tôt. Tout l’art de Kubrick, est d’alterner des scènes d’épouvante subjectives et objectives. Ainsi l’horreur est toujours perçue par un personnage, à l’exclusion des autres. Par exemple, lorsque le fils voit ces images subliminales, le père et la mère n’en savent rien. La subtilité du film est immense, car Nicholson n’est pas le seul malade. Si il doit tuer femme et enfant, le fils (très bien joué par ce tout jeune acteur) doit tuer son père pour survivre, comme la femme (excellente Shelley DUVALL) doit tuer son mari. Le film se trouve donc chargé d’un caractère oedipien évident. De ce fait, il est moins évident que ce soit le lieu qui pousse ces personnages au carnage. Cet hôtel désespérément vide de présence normale, ne fait que révéler l’inconscient de ces occupants. Kubrick prend donc prétexte de ce huis clos pour faire surgire des sous-entendus liés à notre culture : tragédie grecque, psychanalyse, et clichés du film d’horreur.
