Arthur Penn

Le gaucher (2008)

Photo dernier film Arthur Penn
Photo dernier film Arthur Penn

Biographie

Né à Philadelphie, Arthur Penn fait ses armes pour la chaîne NBC, sur les plateaux de quelques séries populaires avant de se voir offrir sa chance, à l'orée des années 60, avec un premier long-métrage, Le Gaucher, où trône, en tête d'affiche, le minéral Paul Newman.

Déjà, ce film met à jour ce qui consituera une des constantes du cinéma de Penn : son goût pour le cinéma européen et sa liberté de ton, emprunté à la Nouvelle vague française à laquelle il voue une fascination sans bornes. Par touches, on sent que quelque chose frémit dans ce cinéma, même si Penn continue son parcours dans les genres classiques comme le mélodrame (Miracle en Alabama).

Ce second film est aussi le début de ses relations houleuses avec les studios, peu amateurs de sa vision désenchanté de l'Amérique. Remplacé sur le tournage du Train, il ne se décourage pas et se lance dans ce qui constitue peut-être son chef-d'oeuvre : La Poursuite impitoyable, récit rêche d'un lynchage en règle dans une Amérique décidément malade de ses vieux démons. L'art de Penn consiste à réinventer le western en y injectant des problématiques idéologiques et psychologiques imprévues.

Saboté au montage par le producteur, le film est vite désavoué par Penn puis ses deux acteurs, Brando et Redford, solidaires de la démarche du cinéaste. Deux ans plus tard, Bonnie and Clyde (1967) marque la reconnaissance de Penn et l'ouverture de la grande brêche du Nouvel Hollywood. D'une extrême violence, le film fait l'effet d'un coup de pied dans la fourmillière hollywoodienne. Montage hâché, discontinuité permanente maintenue par les ralentis : c'est un succès en salles, comme Easy rider, son petit frère sous acide.

Discret, pondéré, Arthur Penn n'aura jamais l'aura d'un Hopper ou même des Coppola et Scorsese après lui. Pourtant son apport au cinéma américain est considérable, notamment parce qu'il suit la voie tracée par Aldrich, injectant la psychanalyse dans le cadre primitif du western avec Little big man (1970) ou encore Missouri breaks (1976).

Parcimonieux, il ne signera que 12 films, plus discrètement d'ailleurs après le début des années 80, mais toujours avec cet oeil perçant et lucide sur l'Amérique (Froid comme la mort, Target). Repsecté par ses pairs et désormais reconnu comme une influence majeure du cinéma des 70's, Arthur Penn s'éteint le 28 Septembre 2010, à son domciile new-yorkais.
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