Lucas Belvaux

Chez nous (2017)

Photo dernier film Lucas Belvaux
Photo dernier film Lucas Belvaux

BIOGRAPHIE

Né à Namur, Lucas Belvaux passe son enfance en compagnie de ses frères Rémy (devenu cinéaste avec C'est arrivé près de chez vous) et Bruno dans l'internat de Philippeville où son père est directeur. A seize ans, il décide pourtant de quitter le giron, en même temps que sa Belgique natale, pour mener une carrière d'acteur à Paris.

Là-bas, il suit des cours d'école privée avant de se dénicher quelques apparitions au cinéma qui lui permettent d'améliorer le quotidien. Son physique d'être fragile, au regard méfiant et à la diction particulière séduit vite des cinéastes plutôt renommés comme Yves Boisset qui lui confie un rôle de jeune insoumis dans Allons z'enfants en 1981.

Après des apparitions chez Losey (La Truite) et Zulawski (La Femme publique), il trouve un premier rôle marquant dans un polar de Claude Chabrol, Poulet au vinaigre, où il est un facteur manipulable et attachant. c'est le début d'une première belle carrière où il côtoie Jacques Rivette (Hurlevent), Olivier Assayas (Désordre) et retrouve régulirèement son compère Chabrol (Madame Bovary).

Au début des années 90, la caméra commence à titiller Lucas, qui se lance dans l'écriture de films avec un premier long-métrage passé inaperçu Parfois trop d'amour (1991). Qu'à cela ne tienne, il remet le couvert 5 ans plus tard avec un vaudeville enjoué, délicieusement légère et empreinte d'un esprit de Nouvelle vague : Pour rire ! remporte un beau succès d'estime qui répond à l'élegance du couple d'acteurs principaux Jean-Pierre Léaud et Ornella Mutti.

Il se consacre alors principalement à sa carrière de réalisateur, ne tournant qu'épisodiquement pour Hervé Le Roux, Régis Wargnier (Pars vite et reviens tard) ou son associé producteur Robert Guédiguian (L'Armée du crime en 2009). Son troisième film est un film en trois : la trilogie composé d'Un Couple épatant, Cavale et Après la vie est un long projet d'écriture mais se révèle un authentique succès grâce à l'intensité de la mise en scène et à l'originalité du projet (chacun des personnages et tour à tour secondaire dans un film et principal dans l'autre).

Belvaux fait désormais partie des noms qui compte dans la cinéphilie, ce que confirme La Raison du plus faible, projet plus modeste mais tout aussi ample avec son intrigue de thriller social sincère et humaniste. A un rythme régulier et sans bruit, il se fait sa place, abordant des sujets de plus en plus politiques avec la même rigueur qu'à ses débuts et n'hésitant pas à s'inspirer du réel pour forger ses films comme Rapt inspiré du kidnapping du baron Empain.