Seijun Suzuki

La jeunesse de la bete (1994)

Photo dernier film Seijun Suzuki
Photo dernier film Seijun Suzuki

Biographie

Né à Tokyo, Seijun Suzuki (de son vrai prénom Seitaro), est mobilisé à 20 ans pour combattre à Taiwan et aux Philippines de 1943 à 1946. Cette expérience de la violence conditionne la vision absurde et grotesque qu'il en donnera plus tard dans ses films. A son retour, il se tourne vers des études de commerce, mais, après son échec à l'examen d'entrée de l'Université de Tokyo, se rabat par dépit sur le cinéma.

Bien lui en a pris. Il entre en 1948 à la Shochiku où il devient l'assistant de Tsuruo Iwama. A ses côtés il apprend la vie (alcool, femmes, etc.) à défaut d'en savoir plus sur le cinéma. La Nikkatsu lui offrant de bien meilleures conditions salariales, il signe un contrat avec eux en 1954 et s'attelle presque immédiatement à ses premiers films, essentiellement des séries B comme Le Quartier du mal (1956).

La société est spécialisée dans les films d'exploitation, particulièrement le "yakuza eiga" (ou film de yakuza) et le "pinku eiga" (sorte de porno soft, mêlant habilement sexe et violence avec une certaine sophistication perverse). Il faut touner vite et efficace, ce que Suzuki fait bien, trouvant bientôt le moyen de subvertir la mécanique du genre.

Dès le début des années 60, son cinéma est de plus en plus marqué par une volonté avant-gardiste, déconstruisant la logique narrative et frôlant l'expérience visuelle sous LSD et le surréalisme esthétique. Avec un montage abstrait et des couleurs volontiers kitsch ou "pop" (filtres jaunes, mauves, etc.) il stylise au maximum ses films, proposant un discours libertaire dans des chefs-d'oeuvre comme Detective bureau 2-3 (1963), La Barrière de la chair (1964), le culte Vagabond de Tokyo (1966) ou le sombre La Marque du Tueur (1967).

Malgré le soutien d'éminentes personnalités comme Oshima, les très réactionnaires pontes de la Nikkatsu n'y tiennent plus, réduisant le délire du cinéaste au silence en le licenciant et en organisant son bannissement des studios pendant 10 ans. Il retrouve la caméra en 1977 et  entame une "Trilogie Taisho", (Mélodie Tzigane en 1977, Brumes de Chaleur en 1981 et Yumeji en 1991), acclamée au Japon mais fraichement reçue à l'étranger.

La reconnaissance intervient en 1991, par l'intermédiaire des festivals mais surtout de cinéastes comme Jarmusch, Wong Kar-wai et Quentin Tarantino, rendant régulièrement hommage aux audaces colorées du maître du yakuza eiga. Il repasse ainsi derrière la caméra en 2001 pour Pistol opera puis en 2005 pour Princesse Raccoon.
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Seijun Suzuki

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