
Avec une telle levée de boucliers à Cannes, il ne fallait pas s'attendre à ce que Antichrist fasse l'unanimité auprès des internautes et de la presse...
"Dérangeant" (Florian_PIGE), "pour spectateur averti" (Artufel), "nauséeux" (philouc), "trop gore" (corrio)... Les internautes annoncent la couleur et n'hésitent pas à mettre en garde à propos de "scènes choquantes" que contiendrait le film. Mais parmi les internautes cités ci-dessus, certains ont apprécié : Florian_PIGE le juge "très intéressant" et Artufel y voit "un bon thriller psychologique". La conclusion adéquat nous est donnée par seb2612 : "comment juger ce film ?"
Les journalistes sont très divisés : "plus complexe qu’il n’en a l’air" pour Elle, le film a agacé Le Figaroscope qui le juge "comique malgré lui". Ils sont ainsi 3 à le défendre et 4 à l'accabler : "sans ampleur" (Télérama), "beau, mais [...] trop souvent louche" (Le Monde), "incompréhensible" (L'Express). Lars Von Trier a vraiment l'art de faire parler de lui...
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Plus complexe qu’il n’en a l’air, et totalement insaisissable, « Antichrist » est en même temps un film d’une sincérité sans faille. Avec une Charlotte Gainsbourg qui fait don d’elle-même et n’a pas peur des scènes les plus crues.
La guerre des sexes vue par le cinéaste danois, qui ne dédaigne ni la misogynie, ni la provoc, ni les scènes obscènes doublées par des acteurs du X. Primée à Cannes, Charlotte Gainsbourg manie bien la pelle et la chignole dans ce thriller érotico-horrifique, comique malgré lui.
Antichrist est un film souvent répugnant, à dessein. C'est aussi un acte de bravoure, l'oeuvre d'un artiste qui affronte son démon, la misogynie, et sort vaincu de ce combat. Antichrist sera un manifeste qui justifie tous les martyres infligés aux femmes dans ses films précédents : Emily Watson dans Breaking the Waves, Björk dans Dancer in the Dark, Nicole Kidman dans Dogville. Plutôt que de la laisser surgir au fil de ses mises en scène, Lars von Trier exhibe ouvertement cette pulsion qui le conduit à torturer des femmes à l'écran.
La transgression est certes une donnée de l’art qui avance, mais ne saurait servir d’alibi au n’importe quoi ou à un discours régressif. Je choque donc je suis, c’est court.
Un couple qui vient de perdre son enfant tente de faire son deuil. Et von Trier de poser la question : La femme est-elle le mal de l'homme ? Pas de réponse du côté du film, qui se noie dans l'incompréhensible.
Bien moins finaud que les grands maîtres dont il invoque les mânes (Tarkovski, Dreyer, Bergman, rien que ça), Von Trier peint un atroce tableau de la psyché féminine moderne (...) et "la femme", son essence ou son idée, semble être la figure qu’il comprend le moins. Certes, Antichrist est parfois beau, mais il est trop souvent louche pour ne pas être décevant.
Il a toujours manqué à Lars von Trier – sauf dans Les Idiots, peut-être – la profondeur d'un Bergman, auquel il voudrait tant ressembler.(...) Le souffle y est, mais pas l'ampleur. A force de noirceur ostentatoire, le simplisme y règne...