
Sur le vif
Dans la situation désespérée de l'Iran d'aujourd'hui, une jeune femme avocate à qui on a retiré sa licence d'exercer, est enceinte de quelques mois. Elle vit seule car son mari journaliste vit dans la clandestinité. Traquée par les autorités, et se sentant étrangère dans son propre pays, elle décide de fuir...
Festival de Cannes 2011, Un Certain regard - Prix de la mise en scène.
j'ai attendu 48 heures avant de commenter ce film, ce qui est peu fréquent...La raison, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'univers de cette jeune femme, un univers plutot triste et d'une monotonie que le film transcrit avec brio (il est aussi très monotone)...Peu de plans extérieurs, une caméra figée, des teintes à la limite de l'obscurité, le film s'éclaire lorsqu'il voit un rayon de soleil, le spectateur aussi..Et puis cela tourne en rond sur une affaire de contraception possible sur laquelle se concentre les lourdeurs de l'administration....Le film a la qualité (le désir plutot) de critiquer la société (iranienne)...C'est presque un monologue tant les dialogues sont convnetionnels...Franchement si vous cherchez un peu de passion, passez votre chemin...A vous de voir.
Beaucoup de soin à l'image, l'arrêt de la caméra sur l'inévitable madone iranienne aux traits purs en d'infinis plans-séquences est un plaisir des yeux qui fait oublier la lenteur générale. Entre lumière et ombre sur cette grâce physique un peu altière (culte du vernis à ongles), on devine la détresse domptée. Diplômée avocate sans père ni mari présents. Mohammad Rasoulof soutient que son film n'est pas politique... Si chacun interprète à sa façon les différentes étapes, les métaphores aussi, on sent le carcan totalitaire sous l'affichage moderne, l'entraide à coups de billets de banque feuilletés à grande vitesse, les intérieurs de bon goût aux couleurs pastel soft, la vie quotidienne, inclus la férule des gouvernants. Ici autour d'une femme (déboussolée ou un peu nonchalante ?), un spectacle à elle seule qui aide à prendre la mesure du désarroi de ce peuple si jeune enfermé sur son propre sol.