
Si la presse taille littéralement un short au Cinéman de Yann Moix, le film trouve néanmoins quelques supporters parmi les internautes...
Commençons par nos amis les journalistes : Le Monde juge Cinéman "catastrophique" et "méprisant pour le cinéma". Les Inrockuptibles parlent de la "débilité intrinsèque" de l'histoire. L'Express fustige ce qu'il appelle "une infâme bouillie" et Télérama parle de "navet". Seul et unique, Le Figaroscope sauve l'honneur, estimant le "scénario astucieux", la "réalisation bluffante" et "Franck Dubosc époustouflant"... C'est à n'y rien comprendre !
Côté internautes, beaucoup ont été agacés par le jeu de Franck Dubosc qu'ils qualifient souvent de "trop Dubosc", "trop ridicule" (lancelot_du_lac) ou lui reprochant de n'avoir "qu'un registre de jeu" (phil-villeurbanne). Certains se sont ennuyés (mamzellcee, 0519p, gégé185)... et d'autres pas du tout ! En effet, annick17000 a apprécié ce "pur moment de détente", anrice666 l'a trouvé "très onirique" et nononancy y a vu un film qui "fait du bien".
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Des incursions absolument irrésistibles, décalées ou absurdes, du côté du muet, du western spaghetti, du péplum, du film de cape et d'épée, de science-fiction ou d'époque… Moix ose également les mélanges de genres improbables. Un scénario astucieux, une réalisation bluffante et un Franck Dubosc époustouflant, jamais dans l'autoparodie. Un véritable as de la métamorphose au physique très hollywoodien, qui, d'un coup de cape, se retrouve Zorro-Douglas Fairbanks, d'un coup de poudre Harold Lloyd, d'un coup de flèche Errol Flynn, d'un coup de feu Clint Eastwood… Magique, on vous dit.
Projet séduisant, résultat catastrophique. Dépourvu de liant et de dramaturgie, Cinéman ressemble à un catalogue aléatoire de chefs-d'oeuvre collés les uns aux autres, dans lesquels un acteur comique réputé pour ses rôles de beauf se glisse dans les habits du héros à seule fin d'y proférer des "Bienvenue à la fête du slip !" ou "Silence les moule-bites !". C'est irritant, et assez méprisant pour le cinéma. L'échec de Cinéman est un vrai mystère tant on a du mal à comprendre comment, à partir d'une idée aussi séduisante, on peut aboutir à un aussi médiocre résultat.
Yann Moix ne met de message nulle part. Il assume constamment la débilité intrinsèque de son histoire, l’absence de rigueur absolue de son récit, qui a dû être écrit dans un état de semi-conscience. Et, paradoxalement, c’est ce qui fait le mini-succès poétique de son entreprise : tout est bâclé, à l’avenant, sans prétention aucune, sinon de plaire et de se marrer grassement, et de produire des images.
Pourquoi avoir massacré un tel point de départ par un scénario sans enjeux qui pense se suffire à lui-même ? Pourquoi avoir réécrit et réenregistré une partie des dialogues, ce qui donne une infâme bouillie à l'écran ? Pourquoi Yann Moix, qui avait su tenir son Podium, est-il incapable d'imprimer le moindre rythme à son film ? Pourquoi Franck Dubosc est-il insupportable dans une parodie fatigante de sa propre image ? Un excès de prétention, peut-être ?
Avec cet hommage à la magie du cinéma, Yann Moix a commis le pire des navets : un héros inutilement ringard, un scénario bâclé, des acteurs en roue libre et un montage au petit bonheur la chance.