
"Elégance, tendresse, douceur, sagesse" (Le Figaroscope) : voici ce que distille Departures, comédie noire pleine d'humour du réalisateur japonais Takita, qui parvient à nous faire passer du rire aux larmes "avec une facilité déconcertante" (20minutes). Pourtant, cette "bluette nécrophile" qui a ravi l'Oscar du meilleur film étranger ne convainc pas Le Monde, ni Les Inrockuptibles, qui la taxe d'œuvre "sans grande portée".
A mi-chemin entre "la joliesse et la platitude" (L'Express), l'œuvre apparaît donc comme "burlesque" (Télérama), voire inégale, mais reste un "mélo rigolo" (Libération) pour les fans de Six Feet Under.
Les internautes sont d'ailleurs charmés par ce film formidable qui "donne la patate" (Loumatin) malgré les sujets abordés. Si corrio regrette "la longueur" et quelques scènes inutiles, ce film sobre, "attachant et profond" (islander) parvient à réconcilier un peu l'humanité avec la mortalité et l'éphémère.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Les qualités de cette oeuvre sont là : un humour basé sur des quiproquos et une facilité déconcertante à passer du rire aux larmes.
Il y a de l'humour, de l'élégance, de la tendresse, de la douceur, de la sagesse, dans ce film singulier qui regarde la mort en face. Il n'est pas indifférent qu'il nous vienne du Japon : la précision des gestes, l'esthétique des rites, donnent de la noblesse et de la grâce à ces moments souvent tabous en Occident. Une petite note sentimentale, simple et juste.
Si Departures reste dans l'histoire du cinéma, ce sera pour avoir ravi l'Oscar du meilleur film étranger à deux longs métrages qui lui sont infiniment supérieurs, Entre les murs de Laurent Cantet et Valse avec Bashir, d'Ari Folman. Le processus électoral par lequel cette bluette nécrophile s'est imposée reste plein de mystères...
Œuvre sans grande portée, donc, qui joue avec une virtuosité trop mécanique sur les cordes sensibles. Il manque à Takita, issu de l’école officieuse du pinku eiga (porno soft nippon), tout comme Kiyoshi Kurosawa ou Kôji Wakamatsu, le grain de folie de ses collègues. Les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets.
En un épisode de 45 minutes, Alan Ball racontait autant, voire plus, que Yojiro Takita en 2h11. Malgré quelques belles séquences sur les rites funéraires, l'ensemble est à mi-chemin entre la joliesse et la platitude : la photographie est morne, les acteurs jouent le minimum syndical, le montage ronronne et l'histoire brebouille le carpe diem que l'on connaît tous.
Un mélo rigolo dont la construction rappelle confusément quelque chose, en l’occurrence la série Six Feet Under : on vit pour ne pas mourir tout de suite.
Le burlesque passager du film n'exclut toutefois ni la délicatesse ni l'émotion.