Des temps et des vents : critiques des internautes

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Des temps et des vents

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 Si seulement ce cinéaste allégeait un peu son propos...


Déposé par LVentriloque le 24/05/2008 

 

C'est à la fois tendre et redoutable. Filmé avec minutie de bout en bout. Infinie poésie des cieux nocturnes et de ces vents diurnes, autour de cette tour parlante (rappelant les petites églises hexagonales). Finesse picturale de ces enfants figurés "à terre" suite aux chocs. Pépiement des oiseaux presque constant. Naissance d'un veau plus riante que celle des bébés humains, comme mécanique. La nature, l'intérieur des habitations, un régal, mais jamais niais, une petite ironie sous-jacente (ils sont en bord de mer, mais ne vont pas à la plage et ne pêchent point)... Atmosphère oscillant entre fraîcheur enfantine et noirceur (venue essentiellement des conditions du monde adulte ?). S'habituer à la dramaturgie musicale demande quelque effort. Film sur la fibre paternelle dans un microcosme où les femmes l'ouvrent sur le tard. Quelques indices montrent que l'on perpétue les traditions ancestrales mais que "l'extérieur" a apporté sa contribution (radio et télé absentes toutefois) : après chaque éclat, on décèle implicitement la position prise par le réalisateur. Dommage qu'il y ait autant d'âpreté et cette manie des longueurs (qui plombent le jeune cinéma turc actuel)... S'il prenait à ce cinéaste très personnel l'envie de raccourcir ses plans et son propos, il pourrait alors faire des miracles !





 Intense... à ne pas manquer


Déposé par Marie-chris7 le 12/05/2008 

 

C'est la vie d'un village à travers celle des enfants Omer, yakup, Yldiz et les autres. des enfants "comme les autres" avec leurs jeux parfois insouciants, qui entrent dans l'adolescence et qui essaient de se faire une place malgré les rapports difficiles, parfois violents, qu'ils entretiennent avec leurs parents, comme Omer au regard si beau et parfois si grave qui n'a qu'une idée en tête : tuer son père ou Yakup, amoureux de son institutrice et qui va aussi entrer en rivalité avec le sien. Quant à Yldiz qui aime son père, c'est avec sa mère que les rapports sont durs. On ne peut pas sortir indemne d'un tel film... on en garde forcément les images (sublimes) et la musique qui arrive, envoutante, toujours dans les moments où l'action s'arrête, où on fait une pose, souvent contemplative devant des paysages d'automne merveilleux de beauté, mais parfois effrayante devant ces visions d'enfants morts dans les gravats, la terre ou sous les feuilles mortes. Alors on sent l'émotion monter... Encore une fois c'est un grand film.





 chroniques villageoises


Déposé par islander le 06/05/2008 

 

Ces chroniques villageoises sont de toute beauté...Le film raconte les relations conflictuelles entre des enfants et des adultes d'un village turc....Il n'y a pas énormément de personnages (4 enfants principalement, quelques parents, une institutrice) et cela procure son intimité au film... On est là dans une symphonie pastorale, on est dans l'univers baroque de Giono...Comme un thème récurrent la mort est dans le film, des images d'enfants décédés reviennent comme un refrain. Dès que les dialogues s'arrêtent la musique prend le relais étourdissant le spectateur d'émotions. Bref on ne peut pas sortir indemne de ce film si l'on accepte son enjeu : les rapports humains et leur rapport au divin comme en témoignent de somptueux plans de minarets....A voir





 un film exceptionnel


Déposé par corrio le 04/05/2008 

 

Attention, film exceptionnel ! Le 4ème long métrage du réalisateur turc Reha Erdem est un film à la fois poétique et fort. L'"action" se déroule dans un petit village turc, pas loin de la mer. Les paysages (magnifiques) font penser à la Corse. Reha Erdem nous raconte la vie des habitants de ce village : il y a les prières, la vie aux champs, les rapports souvent très brutaux entre les enfants et leurs parents. Omer et Yakup sont 2 copains. Omer hait son père, par ailleurs imam du village, qui lui préfère son petit frère et qu'il rêve de voir disparaître. Yakup est amoureux de l'institutrice : on ne peut pas lui donner tort ! Leur copine Yildiz est un peu l'esclave de sa mère. Sur cette trame apparemment minimaliste, Reha Erdem nous montre et nous raconte des tas de choses. Dans ce film tourné à l'automne, les paysages, les feuillages sont de toute beauté. Les jours s'égrenent, nuit, matin, après-midi, etc. Et, au milieu de tout cela, Reha Erdem nous montre, discrètement, que si les sociétés "plus évoluées" ont progressé sur des points extrêmement importants comme les droits des femmes ou le problème des enfants battus, il y a eu par ailleurs des "pertes" comme l'attention portée aux vieux ou la solidarité. Et puis il y a la musique ! Une musique superbe qui vient de l'autre bout de l'Europe puisque composée par l'estonien Arvo Pärt. Au début, on peut la trouver très belle, certes, mais un peu envahissante. Très vite, toutefois, on s'aperçoit qu'elle intervient toujours dans des plans de "repos" pendant lesquels la caméra filme la beauté des lieux sans qu'il y ait d'"action". En fait, cela donne l'effet de (magnifiques) clips de "récupération", de respiration. Celles et ceux qui ont apprécié les films de Nuri Bilge Ceylan comme "Uzak" et "Climats" seront forcément conquis par "Des temps et des vents". Les autres aussi, je l'espère !








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