
Dernier film en date de l'illustre et productif Clint Eastwood après le triomphe de Gran Torino, Invictus se présente-t-il comme un nouvel éclat critique et public ? La réponse est oui, sans conteste.
Politique et sport feraient-ils bon ménage ? A part quelques déçus (L'Express, Le Monde), la presse encense ce plaidoyer humaniste qui fait la part belle à Nelson Mandela. Eastwood se montre "parfaitement à la hauteur de l'événement historique" (Télérama) et offre "une fable politique pertinente" (Les Inrocks) en filmant "directement au cœur" ( Le Figaroscope).
Les spectateurs sont du même avis : Invictus est un "magnifique film" (yoyette74) "interprété par un Freeman grandiose"(kofianan). Et si MECREANT regrette l'époque de L'inspecteur Harry, force est de constater que la majorité des internautes saluent cette "leçon de vie" (brezégue).
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Il manque à Invictus ce que Lettres d'Iwo Jima était à Mémoires de nos pères (et vice versa), il manque au film un autre point de vue que le sien. [...] Si Invictus échoue à faire exister un contrechamp, il y a quand même un autre champ qui prolonge et excède heureusement le premier. D'un prix Nobel de la paix à l'autre, Eastwood [...] établit une correspondance ou une filiation simple et forte capable l'air de rien d'inspirer le public.
Clint filme directement au cœur. Cinéaste ayant atteint la sagesse, il sait placer sa caméra, choisir ses acteurs et raconter une histoire.Par instants, à travers le jeu de Morgan Freeman, on croirait presque voir Clint avancer, réfléchir ou ciller. Qu'il s'agisse de boxe, de tennis ou de rugby, le grand Clint fait une nouvelle fois jeu, set et match !
Adapté d'un livre du journaliste John Carlin publié en 2008 (Playing the Enemy : Nelson Mandela and the Game that Made a Nation), Invictus est un spectacle efficace, honnêtement interprété, et d'une émotion certaine. C'est aussi, hélas ! l'un des rares films où Clint Eastwood donne l'impression de s'être quasiment absenté. Non seulement absenté physiquement, comme il pouvait l'être du magnifique Mystic River, mais bien absenté à lui-même et à son cinéma. Centré sur la figure de Mandela, auquel Morgan Freeman n'apporte rien de plus que son irréprochable professionnalisme, le film sacrifie à peu près tous les personnages, à commencer par celui de Pienaar, au point de confiner à l'hagiographie.
Une fable politique pertinente, finement mâtinée de comédie. Nul doute qu’Invictus est aussi un film d’intervention dans la vie politique américaine et une plaidoirie pour que l’Amérique dans son ensemble soutienne son actuel président. On ne sait pas tout à fait ce qui inspire Clint, quelle lecture, quelles identifications. Mais la façon dont lui, devenu star grâce à l’Europe (Sergio Leone), cinéaste sur le tard, de plus en plus prolifique avec les ans (il a déjà tourné un film depuis Invictus), semble devenu, avec une belle ampleur, la voix même de la sagesse en Amérique, ne cesse de troubler.
L'année commence mal. Invictus, le nouveau film de Clint Eastwood est... comment dire... en deçà de ce dont il est capable. [...] Eastwood ne sait pas quoi faire de ce qui porte en définitive Invictus : le grand H de l'Histoire et le sport (même si le H peut servir de poteaux de rugby). En somme, ce qui l'oblige à coller à une dramaturgie préexistante et à renoncer à une exploration des imaginaires de ses personnages, ce qu'il fait de mieux depuis toujours.
Invictus est un beau film, d’abord porté par l’admiration qu’Eastwood voue à Mandela, et par l’interprétation qu’offre Morgan Freeman d’un personnage dont l’énergie bonhomme transcende tout et dont l’acte de foi en l’humanité, tous bons sentiments bus, fait du bien.
Eastwood, cinéaste rassembleur et populaire par excellence, est parfaitement à la hauteur de l'événement historique. Il nous fait revivre de l'intérieur cette aventure humaine, orchestrant l'émotion en un formidable crescendo. Etre tout près des dieux, partager un sentiment fugace d'éternité, qui peut résister à cela ?