
Hymne à la joie
Dans l'obscurité totale, deux cents musiciens jouent la neuvième symphonie de Beethoven "L'hymne à la joie". Une panne de courant intervient quelques mesures avant l'achèvement du dernier mouvement mais pour le seul orchestre symphonique du Congo, ceci est le dernier de leurs soucis. En quinze ans d'existence, la formation de l'Orchestre Symphonique a survécu à deux coups d'état et une guerre civile. Heureusement, il y a la passion pour la musique et l'espoir d'un avenir meilleur.
Vu à Univerciné Nantes Cycle Allemand 2011. Des pionniers dans leur genre au vu des réticences locales assimilant probablement musique classique et classes bourgeoises blanches... La mention de "cordes frottées" est précisée, que l'autochtone différencie bien ce premier orchestre de musique classique noir africain officiel de "la fanfare"... Organisés sur le tas (dans le brouhaha de la vie trépidante locale), avec un chef d'orchestre juste mais ferme, ils doivent dépasser leurs soucis personnels (la faim ?), les journées harassantes pour leurs répétitions, où chacun travaille sa spécialité, au luthier de dénicher le meilleur bois pour les instruments par exemple. De beaux plans rapprochés sur les visages féminins les plus accrocheurs... Peu de ratés pour l'oreille, l'harmonie entre instruments et voix est question d'ajustement pour ces passionnés, le feeling ancestral coulant dans leurs veines. Et voilà que ça "décolle" avec un choeur d'Haendel, ces yeux grand ouverts sur l'éternité créent la première grosse émotion en s'appropriant le genre ! On suit crescendo d'autres temps forts jusqu'à la consécration (ces vêtements féminins dorés !) et un public archi conquis. La récompense au plan moral car, pour le reste (contrairement à "Benda Billili"), on ne sait pas trop, c'est avant tout un reportage...
Enfin un film sur l'Afrique que j'aime : l'amour de la musique, le système D en règle de vie, la beauté du pays et des gens, en particulier les femmes - sans zapper la pauvreté, les rues poubelles - bravo au réalisateur, à cette orchestre et ses superbes musiciens et son chef - précipitez vous ! - j'ai oublié la pluie et l'arrivée de l'automne pendans 1h30 - Merci.