
François, mignonne petite gueule déjà marquée, entre autres bêtises de son âge, semble se venger de son mal de vivre sur plus faible que lui, en l'occurrence un animal domestique tout ce qu'il y a de plus gentil. Mais il a aussi "bon coeur" à vouloir le sauver ensuite de la mort... Après tout, on pourrait se dire que des petits diables pareils ça existe même dans des foyers unis, le genre de "mauvaise graine" n'en faisant qu'à sa tête, des gosses toujours prêts à mal faire... Mais Pialat veut aller plus loin : il met le doigt sur une aberration qui a encore cours en 2008, à savoir ces petits confiés à la DDASS par des géniteurs ne laissant pas l'opportunité qu'ils soient adoptés. On se demande quelle est la part de documentaire et de roman tellement les enfants, éducateurs, parents ou grands-parents qui défilent ont l'air vrais. Une analyse empreinte de rudesse mais aussi d'amour véritable...
Maurice Pialat nous fait regretter le fait d'être venu tard à la réalisation et d'avoir si peu tourné. Cette histoire d'un enfant placé à l'assistance publique et trimbalé dans différentes familles d'accueil nous touche au plus profond de nous-mêmes. Le petit François turbulent et agressif sera confié à un vieux couple et trouvera écoute et aussi affection, ce qui ne le dissuadera pas de poursuivre ses tours pendables. Le film s'achèvera sur une note d'espoir où l'enfant placé dans un centre de redressement écrit à ses parents adoptifs. Pialat est le cinéaste du naturel et de la vérité des sentiments humains. Il ne manifeste aucun misérabilisme et filme avec une justesse sidérante et bouleversante toute une série de personnages attachants. Il nous montre la réalité nue, détachée de tout artifice et c'est justement cela qui est le plus émouvant. Qu'il s'agisse de la tendresse d'un couple âgé, de la générosité d'une vieille grand-mère, ou de camarades écoliers avec qui on fait les 400 coups, de fiançailles ou d'une valse d'époque;tout sonne juste dans cette chronique de près de 40 ans. La vision de ce film poignant va évoquer des souvenirs et c'est avec émotion que l'on se replonge dans cette période où tout ressurgit (vêtements, rapports entre copains, sorties...) pour ceux qui avaient alors l'âge du jeune héros. Un moment de magie où le cinéma rattrape notre passé et notre vie. Encore merci Monsieur Pialat.
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