
Un petit bijou de réalisme, de non-dits, de pudeur familiale, bons acteurs. Film court mais au rythme très bien adapté. Et quant à une partie du sujet, à examiner en parallèle avec un documentaire la propagande militaire américaine...
Dans un film, il y a le fond et il y a la forme. Concernant le fond, il y a peu à redire au film de Philippe Faucon. On y retrouve la fameuse interrogation concernant l'œuf et la poule : en France, l'intégration d'une partie de la population immigrée se fait-elle mal parce que ces gens ressentent un sentiment de rejet chez tout ou partie des français ou bien le sentiment de rejet de la part d'une partie des français vis à vis de la population immigrée vient-il du manque d'intégration de tout ou partie des immigrés ? A cette question, Philippe Faucon apporte sans aucun manichéisme une réponse claire : c'est parce qu'ils ne se sentent pas des français à part entière que certains immigrés se replient vers des solutions commutaristes, voire glissent carrément vers le terrorisme. La forme, maintenant ! C'est là que le bât blesse : à force de pratiquer une mise en scène épurée, il en arrive à nous présenter un film sans chair, froid, et, osons le dire, souvent ennuyeux. On en arrive au paradoxe suivant : ce film court (1 h 18) semble durer beaucoup plus longtemps tout en ne permettant pas d'éviter de trop nombreuses ellipses sur l'évolution psychologique des personnages. Tout cela est bien dommage !
Le sujet est intéressant, traité avec une certaine mesure mais film trop ramassé ( 1 h 18) et qui laisse un goût d'inachevé : personnages tout juste esquissés , beaucoup de clichés ... Mais une bonne surprise : l'interprétation de Rashid Debbouze et de l'interprète ( non professionnelle) du rôle de la mère de famille.
Un bon film dont on parle peu... évidemment et qui n'est pas projeté à Troyes, le sera t-il ? Sujet délicat.
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