
La marquise d'o
1799. Violée pendant son sommeil par un comte, la marquise d'O se retrouve enceinte. Elle refuse d'épouser le comte et s'exile dans ses terres. Le comte l'a rejoint et elle finit par accepter de devenir sa femme, malgré le dégoût qu'elle lui porte. Mais au bout d'un an de mariage, la marquise apprend à aimer son époux.
Festival de Cannes 1976 : Grand Prix Spécial du Jury (Lauréat)Un film sorti en 1976 que je tenais à voir : La Marquise d'O, (et non la suite érotique de Histoire d'O tournée par Just Jaeckin !) une adaptation du roman éponyme de Heinrich Kleist paru en 1805, réalisation franco-allemande tournée en allemand, avec Edith Clever et l'excellent comédien suisse Bruno Ganz dont c'était le premier rôle. Une oeuvre très belle, esthétiquement parlant, il a été fait allusion et à juste titre, à des tableaux d'Ingres ou de Greuze, et l'allemand de Bruno Ganz est un plaisir pour l'oreille : langue fluide, diction parfaite, un pur bonheur...Rohmer a été fidèle au roman de Kleist, mais il est difficile, pour les spectateurs que nous sommes, de ne pas sourire, voire rire ( la salle ne s'en est pas privée) à la vision de certaines scènes volontairement distanciées de la réalité qui nous environne; Et pourtant l'histoire de cette femme qui se retrouve enceinte comme la vierge Marie, après avoir failli être violée par des soudards et sauvée par un fringant officier russe est intéressante dans la mesure où l'on voit que le mâle en rut, la bête qui sommeille chez tout homme, le désir dans sa forme la plus bestiale, n' est pas l'apanage des êtres frustes, ce qu'a sans doute voulu montrer kleist et qu'a très bien rendu Rohmer, nous présentant un comte amoureux, certes, mais qui n'a pu résister, tout gentihomme qu'il soit, à l'appel irrésistible de la chair, et véritable originalité, le marivaudage ne viendra qu'après... Un film atypique s'il en est, même dans la filmographie du cinéaste, mais qui suscite encore intérêt et interrogations...Et le débat fut animé à la sortie de la salle..