
Film antimilitariste
1920, nord-est de la France. Alors que le pays s'évertue à oublier la grande boucherie de 14-18, à en faire ses choux gras, ou à lembaumer, le commandant Dellaplanque n'oublie, ne profite ni ne vénère. Il compte les morts, les disparus, tous ceux plus ou moins vivant que la guerre a rendus obscurs et sans grades. Dellaplanque voudrait n'être que le froid boulier de cette macabre comptabilité : deux femmes vont lézarder cette façade. Deux malhuereuses, la riche des villes et la pauvre des champs, venues gratter la terre pour retrouver leur bonhomme disparu.
Césars 1990 : César du meilleur acteur (Lauréat)Bertrand Tavernier avait entraîné Sabine Azema dans "Un dimanche à la campagne", illustration plaisante et tendre de la belle époque, et quelques années après il la plongeait dans l'après-première guerre mondiale, sur les traces d'un disparu, une période alors peu traitée au cinéma, alors qu'elle a depuis été plus explorée (Un long dimanche de fiançailles, Les fragments d'Antonin). Le résultat est un film simple et beau, sobrement émouvant, servi par deux acteurs à leur mieux, une Azema rayonnante et un Noiret d'une force tranquille, un film à voir absolument, ne serait-ce qu'en hommage au grand Philippe Noiret, qui avait décroché là un deuxième César on ne peut plus mérité 14 ans après celui du Vieux Fusil... Note : 9/10.
Rôle dans ce film : Major Dellaplanne
Rôle dans ce film : Irène de Courtil