
Adapter un roman est toujours une tâche ardue. Un best-seller d'autant plus car la pression est aussi forte que l'attente du résultat. Un résultat qui demeure, de la presse jusqu'aux spectateurs, très concluant.
Nikoplasm n'a peut-être pas lu le livre mais se dit "touché" et "conquis" par son adaptation cinématographique. Une adaptation sobre qui aurait pu tomber dans "le mélo absolu" (Fenshui) mais qui est élevé par l'élégance de l'interprétation : "les comédiens sont tous excellents, à commencer par la jeune héroïne" (avroum). Si islander reproche un petit manque de profondeur, il affirme néanmoins que "tout cela constitue un film touchant".
Télérama et Les Inrocks ont beau bouder leur plaisir, 20 minutes souligne la qualité d'un "trio vedette parfait" et vante le talent de la réalisatrice de savoir s'occuper de ses personnages "sans jamais les prendre de haut". Et L'Express de conclure que "les lecteurs apprécieront. Les autres aussi". L'élégance n'a pas de prix : courez donc au cinéma.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le film regorge de scènes tendres et amusantes, comme celle où Josiane Balasko va dîner chez son ami. Si le trio vedette est parfait, les seconds rôles n'ont pas été négligés : femme de ménage amicale (Ariane Ascaride), mère caractérielle (Anne Brochet), soeur égocentrique (Sarah Le Picard) et poisson rouge baladeur peuplent l'univers de la gamine, merveilleusement interprétée par Garance Le Guillermic. Sans jamais les prendre de haut, Mona Achache donne le temps aux personnages de s'épanouir pour mieux les faire aimer.
De ces trois personnages improbables sortis du roman de Muriel Barbery L'Élégance du hérisson, la réalisatrice fait des aventuriers secrets de la conscience, naviguant au milieu d'un monde endormi dans son confort matériel et intellectuel, unis par des complicités secrètes. Le microcosme de l'immeuble se prête à ce jeu très visuel entre l'apparence et son envers. C'est plaisant, astucieux, ironique, touchant. Avec une Josiane Balasko finement malgracieuse et formidablement généreuse.
Savoir se comporter n'est pas une qualité inhérente au statut social. Heureux celui qui sait l'absurdité des préjugés... On pourrait ainsi aligner les aphorismes ou les lapalissades. La qualité du film est d'être au service de cette modeste et noble philosophie. En restant à sa place. Qui vaut mieux que ce qu'en croient d'aucuns.
Il y a plus de verve et de subversion dans Les Choristes ou Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain que dans cette bouillasse tiède.
Toutes les afféteries du récit de Barbery gommées, il ne reste à l'écran que la substantifique moelle de ce joli règlement de comptes aux préjugés. Et Josiane Balasko, dont la composition dudit Hérisson pique les yeux. Les lecteurs apprécieront. Les autres aussi.
Le Hérisson n’a perdu l’élégance que dans son titre. [...] cette jeune réalisatrice de 28 ans est parvenue à saisir l’atmosphère si particulière de ce roman composé de deux monologues finement écrits.
Le film donne à peine envie de lire le bouquin, lequel n'était pas terrible, mais tout de même mieux « fabriqué ».