
Le livre d'Eli au beau casting (Denzel Washington, Mila Kunis, Gary Oldman) a visiblement enchanté les internautes... mais pas la presse !
Commençons par les avis des internautes. Un film "super" pour sethi59 qui salut la performance "grandiose" de Denzel Washington. Azrael1 a "adoré" les "bons acteurs", les "images & couleurs superbes" et la "bande son". "un film original et fort" selon orea1000. Sympa2 regrette néanmoins quelques "scènes un peu longuettes"....
Voyons un peu côté presse : Le Figaroscope juge l'ensemble "très convaincant" et Télérama a apprécié "l'énergie de la mise en scène". C'est tout pour les compliments. Libération fustige un "blockbuster évangéliste" qu'il juge "sans saveur". Le Monde se plaint des acteur qui "en font des tonnes jusqu'à la clownerie". Ce qui dérange le plus les journalistes vient du message du film et non de sa forme. Télérama juge en effet le contenu "sentencieux" et L'Express ajoute : "Mad Max a eu un bébé avec La Passion du Christ, il n'est pas beau à voir."
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Après La Route et 2012, un nouveau film postapocalyptique arrive sur les écrans. Signé des frères Hughes (From Hell), ce trépidant thriller futuriste, entre Mad Max II et Je suis une légende, impose un Denzel Washington très convaincant en moine guerrier face à l'inquiétant Gary Oldman.
On pourrait facilement qualifier Le Livre d'Eli de film synthétique, à tous les sens de l'adjectif. Les multiples références qui l'irriguent en font en effet une sorte d'artefact, de produit artificiel et composite, dont le charme réside précisément dans cette mosaïque de sous-cultures cinématographiques qui en déterminent le récit et la dramaturgie. Les acteurs en font des tonnes,[...] jusqu'à la clownerie. La fin du récit révèlera quelques surprises. La morale philosophique y est indiscernable du gag. L'ensemble n'est néanmoins pas dénué de charme.
Que tous les plans du film aient déjà été vus cent fois et que le scénario soit aussi passé que les couleurs n’est pourtant pas le pire. Non, le pire est bien le message, sans équivoque, de ce quatrième film des frères Hughes (réalisateurs du séminal gangsta-movie Menace II Society en 1993 – qu’il semble loin le temps de la révolte et des revendications…), délivré avec une frontalité qui ne manquera pas de surprendre les spectateurs laïcs : le livre en question, c’est la Bible, et c’est elle qui nous sauvera tous. Amen. Bush parti, les bigots rôdent toujours…
Mad Max a eu un bébé avec La Passion du Christ, il n'est pas beau à voir.
Pauvre Denzel Washington, les frères Hughes lui ont confié une double mission impossible : celle, intentionnelle, de sauver le dernier exemplaire de la Bible qu’il transporte «vers l’ouest» dans le Livre d’Eli, et celle, in fine, de sauver ce blockbuster évangéliste sans doute destiné aux nostalgiques de l’ère Bush. Sans saveur.
Du ghetto de L.A. au Golgotha, Albert et Allen Hughes n'ont rien perdu de leur virtuosité. C'est d'ailleurs l'énergie de la mise en scène, plus que le scénario, un peu sentencieux, qui relève cette nouvelle et énième vision de la fin du monde.