
Avec le temps qu'il reste, Suleiman livre un film "mélancolique et en colère" (Libération). Les Cahiers du Cinéma salue "l'intelligence" du réalisateur qui dresse le portrait d’une famille calquée sur l’histoire d’un pays à l'aide d'une mise en scène du temps "bien vue" (20minutes) et d'une ironie "teintée de sarcasme, parfois agaçant" (L'Express). Les ingrédients : un comique de répétition tenant une fois de plus du "profondément mélancolique" (Les Inrockuptibles), un humour noir qui évite les clichés, et des personnages "originaux et farfelus" (Métro) qui font de cette œuvre un "émouvant mémorial" (Télérama).
Du côté des internautes, ce "mélange de situations déjantées" (coussine) ne convainc corrio qui n'a ressenti "aucune émotion" face à ce film "décalé et mélancolique mais confus" (islander). Pour longwy74 au contraire, le conflit israélo-palestinien est traité de façon intelligente, à la fois "lucide, sensible et burlesque".
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le portrait d’une famille calquée sur l’histoire d’un pays (ou l’inverse) est bien vu. Ainsi que la mise en scène du temps qui passe. Remarquable également, la mère d'Elia, qui vieillit au fur et à mesure du film et sur laquelle on sent le regard inquiet du fils, au second plan.
Le Temps qu'il reste revient en flash back sur trois époques où se rejoignent l'histoire personnelle et l'histoire de la Palestine (...). L'intelligence de Suleiman aura été de ne pas les distinguer.
Plus que jamais, le comique de répétition de Suleiman paraît profondément mélancolique. Parce que chemine l’idée que ce quotidien qui tourne en rond est une sorte de purgatoire après un autre temps, celui du mythe (de la jeunesse, de la résistance, de l’aventure), auquel les protagonistes ont dû renoncer.
Au fil des souvenirs, l'ironie de Suleiman se teinte de sarcasme (parfois agaçant) et termine dans le désespoir. Le poids du film écrase alors la légèreté habituelle du cinéaste, dont la mise en scène minimaliste vire au système. Reste, en conclusion, une reprise de Stayin' Alive chantée par Yasmine Hamdan, compagne du réalisateur. Ce "Rester en vie" sonne comme un mot d'ordre pour le temps qu'il reste.
La mélancolie n’oublie rien, quand la nostalgie au contraire fait tout de suite le tri pour ne garder que le bon. Le Temps qu’il reste est un film mélancolique. Et en colère. Sa position est celle du cinéaste sifflet coupé, castré, sans parole (...)
Sans jamais s’apitoyer ni faire des déclarations politiques, a part pour évoquer l’absurdité de la situation actuelle, [Suleiman] évite les clichés en déployant un humour noir. Mais ce qui rend le film le plus touchant ce sont ses personnages originaux et parfois même farfelus, comme ses parents, leur voisin alcoolique qui, tous les après-midi, s’asperge d’essence et menace de s’immoler [...]
Même si l'humour de Suleiman, salvateur, pacifiant, étincelle jusqu'au bout (la séquence anthologique de saut du mur érigé par Israël), le film va au-delà de la comédie paradoxale. Au-delà, également, de la chronique militante et du ressentiment. Le Temps qu'il reste prouve qu'un auteur peut être simultanément "tatiesque" et proustien [...]. Pratiquer un cinéma ironique et façonner un émouvant mémorial.