
Auteur du très estimé Orphelin d’Anyang, Wang Chao pratiquait jusque-là un cinéma ancré dans les classes populaires chinoises. Son passage du côté de la bourgeoisie de province reste séduisant même s’il ne convainc pas totalement.
La critique, plutôt bienveillante, salue ce "beau mélo moderne" et "envoûtant" (Les Inrocks), même si Télérama pointe le caractère "vain" de l’esthétique du film. "Sobre" selon Libération, Wang Chao peut enfin se targuer d’avoir trouvé deux acteurs "de qualité".
Intraitable, islander trouve ce Memory of Love "répétitif", "lent" et souvent "trop mesuré". Il est pourtant seul, face à ses compères qui ont été séduits par la "finesse" (evhyij) d'un récit "beau, sobre et profond" (maud34). À suivre, avec attention.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Wang Chao change de registre avec brio. Un beau mélo moderne, qui mêle angoisse et sentiments avec classe. C’est dû en partie à un travail très particulier sur la lumière, aux tonalités froides et bleutées qui nimbent cette histoire de résurrection (sociale, amoureuse) d’un voile d’anxiété aussi indéfinissable qu’envoûtant.
La fragilité de l’amour transparaît dans une atmosphère douloureuse (mais sans larmes excessives), servie par l’interprétation de qualité des deux comédiens et la sobre mise en scène (...) Entre la douceur du néoclassicisme et la fougue du tango argentin, l’amour s’efforce de trouver sa cadence.
Sans doute parce qu'il peint, cette fois, la bourgeoisie de son pays (et non plus les classes défavorisées, comme dans L'Orphelin d'Anyang, Jour et nuit et Voiture de luxe), Wang Chao fonce dans un esthétisme bleuté et des mouvements de caméra élégants et froids. Les illustrations musicales (Ravel et Astor Piazzolla) ajoutent encore à la sophistication séduisante, mais vaine.