
Vampirisme, émois et découverte du désir en compagnie de troublants succubes, ça ne vous dit rien ? Raté, ce n’est pas Twilight mais Morse, dernière production gore estampillée Scandinavie, précédée d’une élogieuse réputation qui semble se confirmer depuis sa sortie.
Si Télérama, visiblement fasciné par "l’atmosphère cotonneuse" du film, loue son "esthétique sobre", la critique file la métaphore neigeuse pour saluer une "idylle pleine de givre et de buée" (Elle), voire un "vrai film suédois fait de nuit sans fin" (Le Monde).
Les internautes n’ont pas eu froid aux yeux non plus et se sont laissés doucement emporter par ce film d’horreur "très bien réalisé" (fableboss73) et à l’ambiance "impressionnante" (fabien_olivetto). Seul cri dans la nuit froide de Stockholm, oggy62 a mal supporté la "violence gratuite" de certaines scènes. Sûr que quand un vampire aime, il ne compte pas.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Morse a conquis le dernier festival de Gérardmer en raflant le grand prix et celui de la critique. Et ces multiples récompenses sont méritées. La rencontre d'un gamin souffre-douleur et d'une vampire qui prétend "avoir 12 ans depuis longtemps" donne un coup de fouet au mythe des amateurs de sang frais.
Insistons-y, pour une fois, le thriller nordique ne se complaît pas dans l'assèchement mais aspire à la positivité d'un film d'action [...]. Alors certes, un Morse un peu écourté, délesté de quelques séquences digressives, de l'attention légèrement tatillonne portée à certains de ses personnages, aurait laissé une impression immédiate encore plus consistante.
Voici un film suédois qui séduit. Sous l’aspect d’une romance entre une jeune fille franchement vampire et un garçon martyrisé par ses camarades, « Morse » nous plonge dans une idylle étouffée de neige, pleine de givre et de buée, délicieusement rétro.
Un film original très esthétisant et marquant malgré un tempo parfois un peu lent. Situer l'histoire en 1982, époque où Stockholm vivait encore endormie, à moitié derrière le rideau de fer, rend l'intrigue encore plus prenante.
Morse est un vrai film suédois, fait de neige, de souffrance intérieure, de nuit d'hiver sans fin. C'est aussi (contrairement à Twilight), un vrai film de vampire, sanglant et grotesque.
Voilà le meilleur film de vampire depuis Aux frontières de l'aube,en 1988. Tantôt attendrissante, tantôt effrayante, Eli (Lina Leandersson, incroyable) pousse Morse vers un grand conte moderne sur la solitude, la servitude et l'amour éternel. Largement au-dessus de Twilight.
Bien qu’il s’assume totalement comme un film de vampires, Morse n’a pas grand-chose à voir avec l’étonnante recrudescence de buveurs de sang sur les écrans de cinéma ou de télévision. Surtout si cette animalité s’exprime, comme ici, dans la tragédie silencieuse d’un enfant en perdition.
La neige à la blancheur obsédante recouvre les mornes banlieues des années 80 comme un linceul. Décor propice à la solitude, où chacun se réfugie chez soi pour retrouver la chaleur qu'il refuse aux autres. Les mouvements au ralenti des personnages engourdis par le froid contribuent à l'atmosphère cotonneuse, presque lymphatique, d'un film à l'esthétique sobre. Les explosions de violence n'en sont que plus impressionnantes, y compris quand Tomas Alfredson a l'habileté de les placer hors champ.