
Le pouvoir du hasard… une idée originale, une attente énorme pour une œuvre qui déçoit pourtant plus qu'elle ne séduit. Malgré "une belle ambition et des scènes réussies" (Le Figaroscope), le film est "pompeux, confus" (Les Cahiers du Cinéma) et ressemble à un catalogue "d'images publicitaires et de clips poussifs" (Télérama). Un parti-pris légitime, mais devant lequel Le Monde ressent un "ennui incommensurable". S'embourbant dans "d'innombrables méandres" (L'Express), Mr Nobody en devient "froid et visuellement très laid" (Les Inrockuptibles).
Les internautes sont dans l'ensemble plus cléments à l'égard de cette œuvre "très étrange" (nauthomm). Ce qui a plu : le scénario "vraiment original" et les acteurs qui "vivent vraiment leur rôle" (biscuit11), faisant de ce bel ovni un film carrément "magnifique" pour musicfrommars. Ce qui a (beaucoup) moins plu : l’indigestion d'effets spéciaux "gratuits et surexploités" (lanotte). Eh oui, Mr Personne ne peut pas plaire à tout le monde.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
C'est le genre de film qui donne l'impression que le cinéma est malade. Autant de moyens, de si grandes ambitions, pour un résultat aussi pauvre. [...] ce qui aurait pu aboutir à une réflexion intéressante sur la question du hasard [...] ne produit qu'un film pompeux, confus, baignant du début à la fin dans une esthétique publicitaire.
Malgré une belle ambition et des scènes réussies, le film veut trop embrasser pour ne pas mal étreindre : il suit trop de pistes à la fois et se contente souvent de clichés, négligeant autant la cohérence que l'émotion.
Le réalisateur entreprend également de révoquer en doute la question même d'un possible point de vue, en imaginant un personnage qui a refusé de choisir entre les divers chemins que lui proposent le destin. Ce n'est pas tant l'extravagante confusion, ni même l'esthétique vaguement publicitaire qui en résulte à l'écran qui est gênante que l'ennui incommensurable qui découle de ce parti-pris [...]. Jaco Van Dormael s'est finalement pris à son propre piège, oubliant qu'on ne saurait renoncer sans dommages aux principaux termes du contrat avec le spectateur, sous prétexte de sonder l'éther de la créativité.
Projet oulipien à l’auteurisme discount. A courir douze lapins à la fois, Mr. Nobody en ressort froid et repoussant d’intelligibilité, visuellement très laid, cacophonie ultrabricolée qui nous fait regretter de n’avoir pas plutôt revu un autre classique nineties du genre : Smoking/No Smoking d’Alain Resnais.
L'attente est à l'aune de l'enjeu : énorme. Le résultat l'est moins. L'esthétique et le graphisme sont magnifiques, mais le scénario pâtit de ses innombrables méandres. Nemo, 118 ans en 2093, dernier mortel d'une huma nité pouvant désormais vivre ad vitam aeternam, a du mal à se souvenir de ses choix passés. On tente, avec lui, de reconstituer sa vie. Passionnément durant les deux premiers tiers, difficilement ensuite.
Sur le papier, cela pourrait évoquer les expériences narratives et ludiques de Resnais dans Smoking/No smoking et Je t'aime je t'aime. A l'écran, ça ressemble plutôt à un catalogue d'images publicitaires et de clips poussifs.