
Un film qui vous prend aux tripes, des images choc, une violence à l'état brut, des êtres qui survivent plus qu'ils ne vivent dans un monde où triomphent racket, corruption et barbarie, où l'arbitraire règne en maître et où la loi du plus fort est toujours la meilleure... Russie d'aujourd'hui ou d'hier, les traumatismes du passé se mêlent aux blessures du présent, et après tout l'histoire importe peu, mais sa noirceur ne fait que croître rendant encore plus dérisoire le titre anglais léger comme une plume : une première oeuvre impressionnante mais ô combien excessive...
Je le redis : ce film est mortal dans tous les sens du terme, aucun scénario, on passe son temps à se demander qui est qui dans ce film, aucune vraisemblance, des plans interminables !
Ce film d'une platitude mortelle, d'un ennui insondable, d'une longueur insupportable est à fuir. Des plans séquences en veux-tu en voilà, certes, mais sans aucun intérêt, avec, peut-être, l'exception du beau plan sur les portraits des paysans russes dans le village, au début du film. Pour le reste, l'histoire n'a ni queue ni tête, on ne comprends guere les aller-retours dans l'histoire ni les correspondances entre les personnages des diverses époques... Si vous vous attendez à voir une sorte de road-movie à la russe, comme le résumé pourrait le laisser entendre, oubliez bien vite, et restez chez vous ! Le film est d'ailleurs tellement imbibé de Vodka, que je suis sorti de la salle en titubant... Bref, à fuir... (et je mets 1 étoile, car il n'y a pas de 0)
A Cannes 2010, le film coréen "Poetry" aurait fait une excellente palme d'or pour la majorité des cinéphiles et j'aurais souscris sans problème à ce quasi consensus. Toutefois, un autre film me paraissait tout autant mériter cette palme. C'était un premier long métrage et ... il n'a rien obtenu : ni la Palme, ni un prix du Jury, ni même la Caméra d'Or. Il marque pourtant le début de ce qui devrait être une grande carrière pour un réalisateur ukrainien qui fut mathématicien spécialisé en intelligence artificielle avant de devenir réalisateur de documentaires. Une remarque : j'ai bien écrit "ukrainien", ce qui contredit l'affirmation de François Forestier dans le Nouvel Observateur qui fait de Loznitsa un russe pur jus. Non, il n'est pas russe, il est ukrainien, né en Biélorussie du temps de l'ex-URSS et émigré en Allemagne depuis près de 10 ans. Non, "My Joy" n'est pas un film russe mais un film ukrainien. Ces précisions sont importantes car elles peuvent permettre de mieux comprendre ce film qui est une charge féroce envers la Russie et ses habitants. Loznitsa, au travers le périple d'un camionneur sur les routes plus ou moins défoncées de ce qui est censé être la Russie, fait un film sur l'état de ce pays, passé et présent : corruption des autorités, violence, prostitution, etc. Visuellement, ce film est un chef d'œuvre : cadrage, lumière, tout est parfait (le directeur de la photo est le roumain Oleg Mutu, qui le fut également sur "4 mois, 3 semaines, 2 jours" et d'autres films roumains). On retrouve également un gros travail sur le son : le crissement des pas dans la neige, les sons de la nature, les oiseaux, ... On notera qu'il n'y a aucune musique dans ce film et, une fois de plus, cela prouve qu'un film très fort, très souvent, n'en a pas un besoin impératif. Quant à la construction du film, avec ses plans séquence magnifiques, elle est au niveau des plus grands réalisateurs. Vous aurez compris que "My Joy" m'a enthousiasmé.
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