
Film quasi muet, uniquement supporté par le visage d'un des jeunes, on étudie comme en entomologie, comment celui qui s'y refuse devient le meilleur - au meurtre organisé par le devoir du groupe. Remarquable : on comprend sans "blabla" comment ça peut arriver à n'importe qui... rubrique du meurtre ordinaire.
S'il y a un thème très délicat à traiter au cinéma, c'est bien celui de l'ennui. Montrer l'ennui sans qu'il finisse par gagner les spectateurs, ce n'est pas facile et en effet on s'ennuie.
S'il y a un thème très délicat à traiter au cinéma, c'est bien celui de l'ennui. Déjà, montrer l'ennui sans qu'il finisse par gagner les spectateurs, ce n'est pas facile. Mais chercher délibérément à faire partager cet ennui au spectateur, à lui faire vivre de l'intérieur, là, c'est carrément suicidaire. Bien sûr, dans la mesure où, manifestement, la plupart des critiques de cinéma n'aiment rien tant que s'ennuyer au cinéma, le film aura probablement un certain nombre de très bonnes critiques dans la presse. Surtout si le réalisateur, bien que serbe, a fait ses études de cinéma à la Fémis ! Toutefois, il faut reconnaître que ce film, présenté à la Semaine de Critique de Cannes 2009, a également rencontré un écho favorable chez un certain nombre de spectateurs. Peut-être, sans doute, parce qu'il y a un autre thème présenté dans ce film : l'absurdité de la guerre et comment on arrive, au sein de toute armée, à façonner des individus, à y transformer des agneaux en véritables tueurs sans états d'âme. Cette partie est bien sûr autrement plus intéressante, mais cela ne représente que 20 minutes sur les 80 que dure le film. En plus, c'est un sujet qu'on a déjà vu traiter à maintes reprises et, le plus souvent, beaucoup mieux ("No Man's land", par exemple). Le reste, et bien cela consiste à vivre l'ennui de l'intérieur. A vous de voir !
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