
Après la guerre
Dans les années suivant la guerre civile d'Espagne, marquées par la violence et la misère, un mystérieux meurtre vient secouer les secrets enfouis d'un petit village de Catalogne. Andreu, jeune garçon dont le père est injustement accusé du crime, pénètre dès lors un monde d'adultes fait de vices et de mensonges...
Je craignais que ce film qui a eu tous les honneurs en Espagne soit esthétisant, il est beau comme l’automne. Se déroulant peu après la défaite des républicains, il n’est pas manichéen. Et je n’ai su voir aucun vainqueur, par contre les vaincus sont innombrables. Face à la misère, les engagements politiques les plus généreux comportent des zones que le réalisateur va fouiller. Les adultes sont observés sans complaisance par des yeux d’enfants subissant une vie pénible où les superstitions viennent masquer les mensonges. Les petits voient jusqu’aux contrées les plus effroyables, eux non plus ne seront pas doux et généreux. Si le dénouement évite la mièvrerie, je reste pourtant sur une impression mitigée au bout de cette sombre histoire violente qui comporte certaines scènes dont la poésie complique la réalité.
splendide Prix Jules Verne du 21ème festival espagnol de Nantes ! Les premières prises concentrent beauté picturale, cruauté, exploit technique (ce cheval qui passe par-dessus la tête du spectateur)... On reste dans une virtuosité d'ensemble bien que le flou s'installe durablement pendant qu'on pense : "qui a osé faire ça ?" Quelques pistes entre recours aux notables et refuge dans la nature, où le fantastique prend la relève. Impossible de lâcher ce petit avec ses grands yeux observateurs invitant à engranger... La chanson "Mourir pour des idées" vient à l'esprit. Car c'est presque trop la prépondérance des liens du sang, l'attachement communautaire, les croyances loufoques, le bipartisme. Et voilà que le regard si intense du jeune garçon depuis le début se comprend !
Rôle dans ce film : Andreu
Rôle dans ce film : Núria