
Une famille japonaise ordinaire comme beaucoup d'autres à Tokyo, mais le père se fait licencier, et cet état de chômeur va lentement suivre son processus de désintégration, révélant les failles et les fêlures de chacun des membres... Comment préserver son autorité au sein de la famille, mais aussi face à une société gangrénée par le chômage des cadres, qui se mentent à eux-mêmes? Une souffrance à laquelle les enfants n'échappent pas, enfermés dans la structure rigide de l'école où tout part à vau-l'eau...La mère, très beau portrait de femme, le coeur même de cette famille, est celle qui se tait, comprend et souffre en silence, et bizarrement, c'est l'intrusion d'un cambrioleur aux abois qui lui permettra de connaître enfin autre chose, et peut-être de "repartir à zéro"... Mensonges, lâcheté, et comme un don de Dieu, la rédemption par la musique, grâce au jeune fils, petit prodige du piano, qui reformera la famille, et longtemps encore résonnera dans notre esprit cette superbe "Tokyo Sonata" interprétée dans un silence religieux...
Le Japon est bien connu pour sa technologie de pointe pour sa population disciplinée et pour sa culture fine. Faisant partie de l'ensemble des pays industrialisés, il ne peut pas échapper aux méfaits de l'économie libérale et c'est cela que ce film met en évidence. On y voit la destruction lente d'une famille dont le père perd son emploi. Cependant cela ne représente que la première partie. la deuxième est une alégorie de la détresse avec un style poétique et des belles images. Le don de l'enfant sauve cette famille et nous montre que l'art peut libérer l'individu. Cependant, la lourdeur, le pessimisme depressif et la lenteur fatiguent le spectateur.
Ce film est intéressant, pour découvrir une autre facette du Japon, mais c'est un peu lent. On ne comprend pas forcément tous les tenants et aboutissants du scénario, qui parfois a des longueurs. Les acteurs sont justes. Les images de la ville magnifiques, mais on reste quand même un peu sur sa faim.
On voit bien la charge contre les valeurs traditionelles japonaises (on ne montre pas ses émotions, autoritarisme, dictature du travail...) mais mon Dieu, que ce film est noir et triste : pas de dialogue, pas de tendresse. Le scénario est aussi bancal : la scène du vol arrive comme un cheveu sur la soupe (de nouilles). La famille parait complètement éclatée, la mère a une révélation sexuelle sur la plage et rêve de changer de vie avec son voleur. Puis comme par miracle cette famille se reconstitue et se retrouve autour de la musique ! On n'y croit pas vraiment.
comment ne pas penser au cinéma japonais des années 50, à Naruse entre autres, tant on est dans la description sociale et l'anecdote familiale. Le film traite de la décomposition d'une famille suite au chômage du père...s'ensuivent des problèmes relationnels et une remise en question de l'identité familiale de chacun. On est dans l'intimité d'une famille nippone....Le titre du film trouve sa signification dans la dernière scène où le petit interprète un morceau émouvant de Debussy mais aussi dans la délicate partition des relations humaines proposée par la mise en scène....Ce film est une réussite. Je conseille.
J'ai adoré ce film choisi un peu au hasard... Très beau, très juste et très poétique. Un portrait de famille un peu perdue dans ses repères. Touchant.
Voici un film que j'ai failli laissé passer. Le cinéma asiatique (ici le Japon) me surprend toujours par l'introduction de scènes burlesques en plein milieu d'un drame. Ici le cambriolage, tellement invraisemblable et incongru, qu'il bouleverse la lecture du film, qui frise le burlesque -le père percuté par une voiture- mais hormis ces deux passages pour le moins surprenant, cette histoire reste captivante. Rien de plus banale qu'une histoire de famille, peu de dialogues, constat effarant sur une société patriarcale dont les repères se noient dans le mensonge et le paraître. Autorité du père bafouée, émancipation de la mère, fuite de l'aîné, rébellion du plus jeune ... tout vole en éclats. A voir !!!
On a beau essayer de se méfier des clichés, l’impassibilité japonaise nous paraît toujours aussi énigmatique et quand le film tourne au burlesque nos grilles de spectateurs sont encore chamboulées : certains adorent, d’autres ne goûtent pas forcément les excès mécaniques. La société japonaise crise et ça ne date pas de cette semaine.
Le réalisateur nous fait découvrir un Japon méconnu bien loin du Japon à la pointe du progrès. On voit une famille sans dialogue, le père ment pour présever sa fierté,la mère doute.. Le chomage y est mal vécu et la file devant la soupe populaire n'épargne personne. Les scènes sont longues, et,finalement, on à hate que le film se termine.
Le japonais Kiyoshi Kurosawa est un réalisateur qui tourne beaucoup (31 films en 31 ans) et dont des films comme "Cure", "Charisma" ou "Kaïro" lui ont permis de se faire un prénom. "Tokyo Sonata" a été présenté à Cannes 2008 dans le cadre d'Un Certain Regard. De la part d'un réalisateur plutôt spécialisé dans le fantastique, "Tokyo Sonata" est une réelle surprise dans la mesure où ce film est totalement inscrit dans le monde réel. Le monde réel du Japon contemporain qui vit un certain nombre de choses qu'on n'aurait pas pensé pouvoir voir il y a 5 à 10 ans. Par exemple, un cadre licencié parce que le service dont il était responsable va être délocalisé en Chine; un de ses anciens copains, lui aussi au chômage, qui a programmé son portable afin d'être appelé régulièrement et qui fait croire ainsi qu'il est très impliqué dans son travail; une épouse japonaise qui renâcle contre son mari. Plus anecdotique, on a même droit à une voiture française (Peugeot 307cc) qui devient la vedette d'un film japonais ! Il y a plein d'autres surprises dans ce film japonais vraiment pas comme les autres, un film à la fois social, réaliste et savoureux, dans lequel l'ennui est une notion totalement inconnue.
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