
Auréolé de son Grand Prix du Jury et d’une très élogieuse rumeur cannoise, le nouvel opus du déjà très respecté Jacques Audiard arrive sur les écrans. Et le verdict des spectateurs confirme les bruits de couloir : Un Prophète est une authentique réussite.
Presque unanimes, les cityreporters n’en finissent plus de conseiller ce film "impressionnant" (L.J) à la "mise en scène magistrale" (corrio). Et si saelana a trouvé qu’Audiard "tournait en rond", rares sont ceux qui n'ont pas vécu "2h30 d’emprise totale" (coiz).
La critique chante quant à elle sans aucun bémol les louanges de ce Prophète "puissant et dur" (Le Figaroscope) porté par une mise en scène à la "rigueur fébrile" (Le Monde). Conquis, Télérama met même l’accent sur l’ironie d’un Audiard qui "s’amuse" et "jubile" de son récit. De quoi faire cesser les battements de cœur de pas mal de spectateurs.
On en ressort assommé, sous le choc, et on se dit : Quel film ! Epoustouflant, haletant, oppressant, on pourrait multiplier à l'envi les qualificatifs : portrait d'un jeune Arabe à peine sorti de l'adolescence, et luttant pour sa survie dans l'univers carcéral rendu avec un réalisme saisissant, un monde impitoyable fait de violence aveugle, de combines en tous genres, de chantages divers et variés, d'alliances et de stratégie, juste pour sauver sa peau... Alors, certes, le jeune Malik sera pris en mains et "protégé", mais à quel prix ! Deux compositions exceptionnelles : celle de Tahar Rahim, qui de jeune homme fruste , malléable et presque candide, sera à bonne école auprès du parrain corse à qui le grand comédien Niels Arestrup prête sa "gueule" et son extraordinaire présence cinématographique... Petit délinquant deviendra "grand", s'essayant, presque sans états d'âme au grand banditisme, ayant fait sienne la devise : "La loi du plus fort est toujours la meilleure"...Dur, violent, noir, une réalisation qui trouble, dérange, interpelle, choque ou révulse : il faut le voir...
Je ne comprends pas la battage médiatique ni les nominations... Ce film ne m'a rien laissé, pas émue... c'est pas mal joué mais bon un peu trop facile comme le personnage s'en sort à mon avis avec toutes les magouilles qu'il fait, les gens qu'il trahit... je l'ai pas trouvé nul mais de là à en faire un buzz, vraiment, non. Ça se laisse bien voir mais sans plus.
Tout ou presque a déjà été dit sur ce film, mais est scotchés par le réalisme d'Audiard. Les acteurs sont excellents, l'univers de la prison est dépeint sans concession, on pourrait presque croire qu'il s'agit d'un reportage. Bon suspense très bien entretenu, un film vraiment attachant.
eh oui, je ne sais combien de cesars "programmés". merités certes; tout est bien dans ce film: comediens, scenarion, photo, musique; c'est presque trop bien fait; allez le voir si ce n'est déjà fait; mais allez voir aussi "qu'un seul tienne et les autres suivront" remarquable premier film, lui aussi autour de la prison, et qui a eu le prix louis delluc
Ce film est politique encore sur les étrangers et en ce moment c'est de rigueur et qu'il ne faut pas les toucher de peur de represailles alors tout le monde s'en fou et franchement c'est très grave.
Chef d'œuvre total ! Brutal mais subtil, passionnant, admirablement joué et filmé, jusqu'à la bande son j'ai tout adoré en bloc. Ce film m'a retourné le cerveau et 2h30 sont passées comme un court instant dont je ressors illuminée. Jacques Audiard est décidément le réalisateur français le plus brillant de sa génération, (je ne vois même pas qui lui arriverait à la cheville). Tous ses films sont bons, mais celui-ci touche au génie.
Ce film est dur. Neils Arestrup est plus que crédible en malfrat corse, quand au jeune arabe lui, performance naturelle. L'ambiance carcérale brrrr ! Ça donne envie de rester honnête ! Film à voir, juste pour sentir combien la survie en prison réclame vigilance et intelligence. Le pire, c'est que même en taule les mafiosos gouvernent l'extérieur. C'est flippant.
Après l'inoubliable "de battre mon coeur s'est arrêté", J.Audiard confirme sa totale maitrise dans le film noir ultra réaliste. Les comédiens, quasi tous inconnus à part Arestrup, sont d'une sobriété et d'un réalisme à toute épreuve. L'histoire ménage beaucoup de surprises, et dévoile certaine facettes sur la délinquance en France. Marquant!Bravo!!!
Vraiment un beau film, on voit ce qu'il se passe dans les prisons et, l'acteurs joue très bien. Bravo à Jacque Audiard qui, à mon avis, marque un sans fautes !
Un film quasiment documentaire sur la vie en prison, les clans et leur pouvoir. La violence est telle qu'elle fait mal. Je suis sortie de ce film épuisée par tant d'intensité émotionnelle, d'acion, de suspens. Les personnages sont emblématiques. On voyage à travers la peur de Malik, sa lutte pour la vaincre et aller au-delà. Chapeau au réalisateur!
Audiard nous sort un innatendu chef d'oeuvre carcéral et sociétal, un immense film français comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Pas de clichés ici, tout est crédible, l'interprétation est de très haute facture, l'ambiance de la prison étouffante, les scènes de violence vous prennent à la gorge. Bravo. LE film français de l'année sans aucun doute. Pour la réflexion sur la prison, rentrer en prison petit frappe illettrée et ressortir en parrain de la mafia voilà une idée plus que troublante.
J'voudrais dire que ce film est une réussite tant au niveau de la mise en scène, du scénario que de l'interprétation. La façon de filmer d'Audiard nous fait rentrer dans le film et nous sentons comment le prisonnier est littéralement happé par le système carcéral. La violence et l'immoralité sont le quotidien de la survie et donc de la "démerde". Qui a du pouvoir et qui n'en n'a pas ? Qui va survivre et à quel prix ? Et puis ce film par effet miroir raconte tellement sur notre société. Quelle violence entretient-on dans notre propre vie pour accepter d'avoir des prisons dans un état aussi déplorable et que bien souvent les droits de l'homme n'y sont pas respectés ?
Par rapport à « de battre », Jacques Audiard, cette fois, a modéré les mouvements de caméra et les couleurs froides se révèlent d’avantage en adéquation que les teintes jaunâtres du précédent susnommé. Mais il continue d’abuser des gros plans. Il a chois une narration par tableau un peu à la façon du cinéma russe (Tarkovski, Lounguine) avec titres à l’appui. Mais sans la qualité de montage des Russes. Les séquences restent trop courtes. Si c’est pour faire façon reportage alors pourquoi ce scénario invraisemblable ? Le « trou » de J.Becker nous en apprend autant sur l’univers carcéral sans cette débauche de scènes exagérément hachées. Dans « le cave se rebiffe », feu son père prend la peine de nous préciser en fin de film que les délinquants seront punis. Là, c’est tout juste si le fils n’annonce pas « ils vécurent heureux…etc. ». Pourquoi « un prophète » ? Parce qu’il a des rêves prémonitoires ? Parce qu’il fait le pourvoyeur de fonds des intégristes islamistes ? J’ai détesté « de battre » ; ici, Je mets 3 pour la qualité des acteurs, pour le rendu de la vie dans les prisons françaises et la peinture très réussie des milieux antagonistes, mais le film est trop long, le scénario trop incohérent et à la limite de délivrer un message nocif.
Déçu de la prestation d'Audiard qui s'emmêle dans une mise en scène dont le didactisme l'emporte sur la sauce. Je sais bien qu'il a voulu montrer un univers carcéral tourné vers lui-même au profit des plus fort ou des plus pernicieux, mais ce film est cousu de fil blanc. On ne peut pas toujours réalisé un chef d'oeuvre comme " De battre mon coeur s'est arrêté ".
J'ai parfois regardé ma montre car l'analyse pèche par sa durée. Eu du mal à comprendre l'abondance de plans ou leur redondance. Fermé les yeux aux scènes appuyées, chacun possède son degré de stoïcisme. Trouvé étranges les diversions qui feraient songer à David Lynch par leur côté équivoque. Déploré le maniérisme qui affleure aussi. Estimé que César (Niels Arestrup) ça commence à bien faire ... On gigote sur son siège, mais l'ensemble tient la route : aperçu de "la mentale" qui sévit d'un bout à l'autre de la chaîne carcérale. Des Corses oui, mais qui auraient pu tout pareil être Italiens ou Basques, il fallait juste un accent mafieux... L'action en dit long sur les conditions de survie en milieu pervers (taules, entreprises !), suicides remontés par la presse, je vous donne du sens... D'entrée de jeu, on a envie de douceur pour ce jeune et on passe tout le film à suffoquer car au bout du tunnel la lumière persiste !
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