
Auréolé de son Grand Prix du Jury et d’une très élogieuse rumeur cannoise, le nouvel opus du déjà très respecté Jacques Audiard arrive sur les écrans. Et le verdict des spectateurs confirme les bruits de couloir : Un Prophète est une authentique réussite.
Presque unanimes, les cityreporters n’en finissent plus de conseiller ce film "impressionnant" (L.J) à la "mise en scène magistrale" (corrio). Et si saelana a trouvé qu’Audiard "tournait en rond", rares sont ceux qui n'ont pas vécu "2h30 d’emprise totale" (coiz).
La critique chante quant à elle sans aucun bémol les louanges de ce Prophète "puissant et dur" (Le Figaroscope) porté par une mise en scène à la "rigueur fébrile" (Le Monde). Conquis, Télérama met même l’accent sur l’ironie d’un Audiard qui "s’amuse" et "jubile" de son récit. De quoi faire cesser les battements de cœur de pas mal de spectateurs.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Ce que décrit Audiard, c'est l'apprentissage d'un gamin malin que sa lutte pour la survie mènera au sommet de la hiérarchie criminelle. [...] Sa mise en scène volontairement étouffante fait percevoir la claustrophobie d'un monde en vase clos, vivarium favorisant la mue de son héros. Entre face-à-face pesants et éclairs de violence, Audiard bourre le spectateur d'uppercuts, le laissant pantelant, mais comblé.
Un film puissant et dur.
Pourtant, il faut attendre que les lumières se rallument pour établir le lien de parenté entre Malik El Djebena et le Michael Corleone du Parrain de Coppola ou le Tony Montana du Scarface de De Palma. Pendant la projection d'Un prophète, on voit d'abord ce qui fait la singularité et la beauté du film : l'audace du récit, la rigueur fébrile de la mise en scène, des acteurs portés à incandescence.
Un prophète, de Jacques Audiard, itinéraire d'un délinquant devenu caïd en prison, deux heures vingt-neuf sans une miette de trop, est le meilleur film français des temps présent, passé et à venir. [...] C'est en interrogeant son art à tout moment, en revenant à l'essence même du cinéma, qu'Audiard réussit à échapper à tout jugement moral et, partant, à toucher aussi juste.
Un prophète est un film classique parce qu’il traite du pouvoir. Pour porter cette bonne parole peut-être politiquement hasardeuse dans la fausse quiétude de notre société sécuritaire, Audiard a trouvé en Tahar Rahim, un médium parfait (...) qui porte le film à bout de bras, comme une dépouille, comme un trophée.
On pourrait croire Jacques Audiard fasciné par toutes ces luttes de pouvoir. Mais non, il s'en amuse ! On le sent jubiler comme un malade, par exemple à l'idée de ce dénouement, ultime pirouette de ce jeu de dupes généralisé.