
Villa Amalia est une œuvre étrange, à "l'univers sensuel envoûtant" (20minutes) et à la "musique stridente" (Métro). Une œuvre "tranchante, presque brutale" (Télérama) qui, sous des allures de drame intérieur, souligne "un pur désir de vie" (Elle). Froide et désincarnée, Huppert "joue en virtuose" (Le Figaroscope) sur une partition aux "émotions imprévisibles" (Le Monde). Inédite, elle est le "dispositif magique" (Cahiers du Cinéma) qui harmonise la "mise en scène dissonante" (Les Inrockuptibles) d'un "véritable cinéaste" (L'Express).
Côté internautes, on n'est "pas convaincu" (Patoushka) notamment à cause d'une première partie "longue et ennuyeuse" (vivazap). Si Mafranpon trouve le film "déprimant, triste et sans intérêt", coussine en revanche est enchanté par "l'excellente Isabelle Huppert" et les beaux paysages.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Villa Amalia envoûte par son univers sensuel, qui rappelle un peu Into the Wild.
Cette déroutante machine descriptive, narrative et innovatrice trouve à fonctionner à la perfection en embrayant sur un autre dispositif magique, d'une toute autre nature. Il s'appelle Isabelle Huppert. [...] Ce qu'elle fait, ou en tout cas ce qui se passe avec elle dans ce film-là, elle ne l'avait encore jamais fait, ni personne d'autre d'ailleurs.
Et, comme Ann dans le film qui construit son amnésie, Isabelle Huppert laisse des traces d’elle derrière chaque plan. Elle se débarrasse de ses visages successifs, empreintes de ses rôles passés. Ann avance le visage nu et presque les yeux fermés vers la solitude dans un lieu d’une beauté absolue au bord de la Méditerranée, où l’on sent la chaleur du soleil lui brûler la peau. Cette « Villa Amalia », c’est un pur désir de vie.
Une plongée dans la solitude et le silence aux détours parfois alambiqués. Mais Isabelle Huppert joue en virtuose d'un mutisme tantôt agressif, tantôt dépressif, et d'une opacité pleine de nuances.
Le film, c'est une de ses qualités, va vite. Il est tranchant, aligne des émotions imprévisibles sans s'épancher, sans expliquer. A l'image de son héroïne, il est musical, avec stridences, dissonances, épures, notes en écho du néant, lyrisme de Purcell, harmonies de Bruno Coulais, résonances d'une fêlure.
La mise en scène de Jacquot est à l’unisson de ce trajet, délestée d’explications psychologiques, jouant souvent sur la dissonance [...] On a beau connaître par cœur son [ Isabelle Huppert] physique et son jeu ses techniques et ses tics, elle surprend quand même dans ce rôle borderline, entre folie et sécession sociale.
Un angle, un mouvement de caméra et l'efficacité d'un cadre suffisent à montrer qu'on est là en présence d'un véritable cinéaste. [...] Il faut attendre le dernier quart d'heure pour connaître de quoi il retourne exactement. Avant, ceux qui se seront laissé balader par le metteur en scène et sa comédienne (Isabelle Huppert, impec' évidemment) auront approché les effets envoûtants de la solitude.
Froide, absente, presque désincarnée, Isabelle Huppert change souvent de look et de coiffure, tandis que ses partenaires s’agitent vainement autour d’elle,plus faux tu meurs. [...] Pire, les scènes, pas toujours bien cadrées, sont montées à la serpe, interrompues en pleine action alors que la musique, stridente, surgit n’importe où et surtout n’importe quand. Une purge.
Benoît Jacquot, lui, signe un film tranchant, presque brutal : partir sans rien laisser, avec la volonté que l'on ne vous retrouve pas, est un combat.