Déposé par paris-pure-souche le 17/05/2008
Ce film est extrêmement intéressant sur le plan sociologique, car il peut aider à comprendre la vie de village dans ces régions où le lien familial doit résister aux catastrophes naturelles ou politiques. Cependant, le manque de dialogue laisse les spectateurs imaginer une partie de l'histoire et le contexte général. Ainsi, l'avis de "ventriloque" (avis précédent le mien) me semblait très porté sur le tsunami alors qu'il me semble secondaire. Ayant vécu deux ans dans une province reculée de Chine, j'ai perçu dans le jeu des acteurs tous les enjeux sociaux qui se tissent en un clin d'oeil à partir du premier verre. Ces villages sont remplis de ragots à tel point que c'en est paralysant, chacun étant ligoté dans une toile de relations qui le rappelleront à l'ordre sans arrêt, avec la menace permanente de le précipiter dans la honte et l'opprobre pour le reste de son existence. C'est horrible, et cela n'est rien à côté du paysage noir que filme la caméra de temps à autres. J'ai été surpris par la fin du film, mais elle ne dépeint que plus fidèlement la cruauté de la vie de ces régions.
Bref : pour moi le titre est ironique, le film est à voir, à comprendre, il n'est pas très gai, mais la papaye n'est pas toujours verte !
Déposé par LVentriloque le 13/05/2008
Dès les premières secondes, ces vagues qui refluent laissent imaginer la catastrophe qui fit huit mille morts à Takua Pa. C'est un film très agréable à suivre, aucune terreur à revenir sur cette tragédie de 2004, car énormément de poésie dans le traitement. Ton, jeune architecte à l'expression de poussin qui sort de l'oeuf (il ferait penser à la peluche "Kiki" adulte avec ses cheveux avançant largement sur les tempes) débarque comme ingénieur mais flâne, loin de ses propres soucis urbains : le réalisateur aurait dû garder le titre "Holiday" au lieu de ce discutable "Wonderful town". On est au sud, entre mer et montagne, avec toujours l'impression que ça pourrait recommencer : chaque plan est une minute de gagnée, la caméra caresse tout ce qu'elle capte, et surtout le couple, et bien avant la rencontre proprement dite. Il faut vivre aujourd'hui, le seul point de mire, voguons des serviettes éponge à la noirceur des décombres, région désertifiée, mais aussi joies enfantines, sourire de l'hôtesse, réservée, mais qui s'apprivoise doucement, rose buvard, beige et sépia... Le son vaut autant que l'image, des remous maritimes côtoient ceux de la reconstruction, un peu des effets "Massive Attack" par moments... Un jeune homme de passage attire une femme au coeur en berne et dont le linge constitue l'univers. Liens resserrés au centuple par les proches, un petit neveu adorable, un frère qui s'entête à faire le loser... Avec une jeunesse paradant en toute liberté... Désastre incommensurable, avec sauve-qui-peut, y compris des autorités : l'occasion de récupérer un peu d'énergie ?... Je n'ai pu m'empêcher, concernant l'accélération finale, de songer à l'expression "franc comme un âne qui recule"...