Artisan français du film noirTouche à tout, avec une préférence notable pour le film noir qu'il a porté avec réussite dans son Série noire, Alain Corneau faisait partie de ces artisans du cinéma français des 70's, capable d'apporter sa touche personnelle à des productions populaires. Son sens de la mise en scène a été récompensé par un César, en 1992, pour la belle fresque glacée, Tous les matins du monde.Né à Meung sur Loire,
Alain Corneau commence d'abord musicien de jazz (sa première passion) et part à New York après avoir étudié à l'Idhec (ex-Fémis). De retour en France il travaille comme assistant de Costa-Gavras et Nadine Trintignant puis réalise en 1973 son premier film
France, société anonyme, une oeuvre entre polar et science-fiction, avec
Michel Bouquet. Interdit aux moins de 16 ans, le film n'obtient pas le succès escompté mais lui met le pied à l'étrier.
Corneau persiste dans le film noir, tentant d'allier l'efficacité hollywoodienne à un sens de la durée proprement français, et réussit son coup avec
Police Python 357 en 1975, polar finement ciselé autour d'
Yves Montand et Simone de Signoret. Suivront dans la même veine et avec succès,
La menace (1977) et
Le choix des armes (1981), mais sa vraie réussite critique reste
Série noire, film sombre et poisseux, modèle du polar français avec un superbe
Patrick Dewaere.
Il se lance ensuite dans d'autres univers, alternant gros budget dans
Fort Saganne (fresque épique avec une pléiade de stars) et projet plus intimiste comme
Nocturne indien en 1989. La consécration intervient avec
Tous les matins du monde, adaptation limpide d'un roman de Pascal Quignard où il dirige Jean-Pierre Marielle et Guillaume Depardieu. Il obtiendra pour ce film deux Césars et le pric Louis Delluc en 1992.
Retour au polar, en 1995, avec
Le cousin où les comiques Alain Chabat et
Patrick Timsit se retrouvent à contre-emploi. C'est ici le début d'un déclin marqué par l'échec cinglant du
prince du Pacifique un film d'aventures à gros budget. Il se tourne alors vers des adaptations de romans plus intimistes comme
Stupeur et tremblements puis
Les mots bleus. Sans succès.
En 2007, il revient au polar, rendant hommage cette fois à Jean-pierre Melville, maître du polar français, avec un remake du
Deuxième souffle. Le casting prestigieux (
Daniel Auteuil,
Monica Bellucci,
Michel Blanc,
Jacques Dutronc, etc.) ne sauve pas le film du naufrage.
Tandis que son dernier film
Crime d'Amour avec
Kristin Scott Thomas et
Ludivine Sagnier sort sur les écrans et qu'il prépare un nouveau long métrage intitulé
Une femme parfaite,
Alain Corneau décède le 30 août 2010 à l'âge de 67 ans des suites d'un cancer.