Ava tout casséIcône hollywoodienne au même titre que la Garbo ou Marilyn Monroe, Ava Gardner a connu un destin difficile, marqué par des déroutes personnelles et de nombreuses fêlures. Pour autant, elle reste l'interprète inoubliable de Pandora et de grands classiques comme La Comtesse aux pieds nus et Les Tueurs.Née à dans la petite ferme familiale de Grabtown, en Caroline du Nord,
Ava Gardner vit une enfance modeste au cœur du terroir. Studieuse, elle ne s’autorise comme distraction que quelques voyages à New York, chez sa sœur, mariée au photographe Larry Tarr. C’est lui qui lui offre son passeport pour Hollywood. Il expose dans son labo des photos d’elle qui impressionne un émissaire de la MGM. En 1941, à 19 ans, elle signe un contrat de 7 ans avec la major.
D’abord handicapée par son accent du terroir, elle enchaîne les figurations tout en travaillant à placer sa voix et à perdre toute trace de ses origines. Le travail paie enfin, en 1946, avec son premier grand rôle dans
Tragique rendez-vous où elle donne la réplique à George Raft. C’est surtout dans
Les Tueurs de Robert Siodmak, qu'elle impressionne dans un rôle de femme fatale qui lui collera à la peau.
Ava peine ensuite à capitaliser sur ce succès, la MGM « prêtant » son talent à diverses sociétés qui exploite sa plastique avantageuse plus que son impressionnante présence à l’écran (
Un caprice de Vénus). Sentimentalement son parcours est également chaotique. Marié brièvement à Mickey Rooney et Artie Shaw, poursuivi par Howard Hugues, elle plonge dans une passion destructrice avec Franck Sinatra qui laissera des traces malgré leur mariage en 1951.
En 1951, deux films la placent définitivement au panthéon :
Pandora d’Albert levin, mélodrame onirique phagocyté par le charme magnétique de Gardner et
Les Neiges du Kilimandjaro d’Henry King. Elle tourne ensuite sous la direction des plus grands qui magnifient sa stature : Mankiewicz dans
La Comtesse aux pieds nus (1954) ou Ford dans
Mogambo (1953).
En 1955, fidèle à son tempérament d’amoureuse, elle quitte les Etats-Unis pour l’Espagne, Sinatra pour Luis Miguel Dominguin, une passion dévorante pour une relation plus apaisée. Elle tournera moins, mais toujours selon des choix rigoureux comme dans
la Nuit de l’Iguane de
John Huston (1964). Après une nouvelle rupture, une relation violente avec George C. Scott, elle s’installe à Londres en 1968.
Elle est atteinte d’une pneumnie en 1986 et meurt à son domicile le 25 janvier 1990.