Delépine dans le piedAgitateur du PAF dans les rédactions fictives des Guignols de l'Info et du Groland (où il est Michael Kael), Benoît Delépine secoue désormais le cinéma français aux côtés de son compère Gustave Kervern avec ses films aux accents surréalistes et caustiques : Aaltra, Avida, Louise-Michel et MammuthNé à Saint-Quentin, Benoît Délépine entame des études de journalisme et travaille quelques semaines dans la publicité avant d'intégrer assez tôt l'équipe de la chaîne Canal + qui en est encore à ses balbutiements. C'est là qu'avec quelques autres, au sein de la rédaction des "Guignols de l'Info", il devient un des piliers du fameux "esprit Canal", caustique et bon enfant.
Parallèlement, il développe aux côtés de son compère Jules-Edouard Moustic, les personnages et le pays fictif du "Groland", qui fera lui aussi les beaux soirs de la chaîne cryptée au travers de différentes émissions aussi déjantés que "le 20H20", "Groland Magzine", etc. Dans cette "Présipauté", il est Michael Kael, journaliste gauche, alcoolique, libidineux et corrompu jusqu'à l'os qu'il décline en 1997 dans un film au succès plus que mitigé :
Michael Kael contre la World News Company.
Qu'à cela ne tienne, le cinéma attendra un peu. 7 ans en tout, date où il réalise
Aaltra, accompagné d'un autre compère rencontré sur les plateaux du Groland,
Gustave Kervern. Road-movie mélancolique et absurde de deux handicapés, le film est bien reçu et pose les jalons d'un univers à part fait de surréalisme belge, d'humour noir et de paysage arides.
Kervern et Delépine remettent donc un peu de poil à gratter deux ans plus tard avec
Avida, toujours dans la même veine et un noir et blanc soigné, assumant leur filiation du côté de
Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde et
Albert Dupontel. Le succès public vient avec
Louise-Michel, en 2009 où
Yolande Moreau décide de tuer son patron avec l'aide d'un drôle de tueur à gages.
Installé en marge du cinéma français mais désormais respecté par ses pairs, il obtient la signature de pointures comme Gérard Depardieu et
Isabelle Adjani pour son quatrième film en duo :
Mammuth.