Joseph sonne chez BergmanVéritable alter-ego du maitre suédois Ingmar Bergman à l'écran, Erland Josephson fait partie des acteurs nordiques les plus raffinés et les plus réputés de sa génération. Habitué d'un cinéma d'auteur exigeant (on l'a également vu chez Tarkovski et Greenaway), sa figure reste lié à des films comme Scène de la vie conjugale et Saraband.Né à Stockholm, en Suède,
Erland Josephson se fait d'abord connaître par des prestations scéniques de haute volée dans des classiques de la littérature nordique, à la fin des années 40. Son entrée dans le cinéma est alros plus que timide, se résumant à quelques apparitions dans
Il pleut sur notre amour (1946) de Bergman ou
Eva de Gustav Molander (1948).
Ami de Bergman depuis le milieu des années 30, il lui succède à la direction du théâtre Royal de Stockholm, collabore avec lui à l'écriture du scénario de
Toutes ses femmes (1964), avant de s'imposer progressivement comme l'acteur fétiche de son oeuvre, au détriment de Max Von Sydow qui entame alors une carrière internationale. Il obtient ainsi le premier rôle de
L'Heure du Loup (1968) et ne quitte jamais vraiment la tête d'affiche de l'univers bergmanien.
Son incarnation parfaite d'intellectuel névrosé, froid et égocentrique en fait le double du cinéaste à l'écran. Habitant avec une profondeur non dénuée de violence
Scènes de la vie conjugale (1973),
Cris et chuchotements (1973),
Sonate d'automne (1978) ou
Fanny et Alexandre (1982), il devient un visage familier du cinéma international et attire l'attention d'auteur tout aussi audacieux et réputé que Bergman.
On le voit ainsi à deux reprises chez le russe Andrei Tarkovski, qui en fait un personnage majeur de ses oeuvres tardives (
Nostalghia en 1983 et
Le Sacrifice en 1986), mais aussi chez Peter Greenaway (
Prospero's Book, 1991) et le grec Theo Angelopoulos (
Le Regard d'Ulysse, 1995). Egalement réalisateur et auteur de recueils de poésie, il continue à être l'alter ego de Bergman jusqu'à la mort de son ami et mentor, déclinant son rôle dans
Après la répétition (1984),
En présence d'un clown (1997) et son ultime chef-d'oeuvre,
Saraband (2003). Il apparaît peu à l'écran depuis.