Nobel (2001)

Photo dernier film  Fabio Carpi
Photo dernier film  Fabio Carpi

BIOGRAPHIE

Fabio carpi est né le 19 janvier 1925 à Milan (Italie). Il partage son activité entre la littérature et le cinéma. Il a publié entre autre, deux recueils de nouvelles Les Vaches suisses et Les relations humaines et huit romans Où sont les cannibales, Les lieux abandonnés, La digestion artificielle, Le cirque de Pékin, Mabuse, Never More, Patchwork, Bonaparte.

Auteur de plus de cinquante scénarios pour le cinéma et la télévision : Uomo a metà de Vittorio De Seta (1965), Les sorcières de Vittorio de Sica (1966), Qui êtes-vous inspecteur Chandler ? de Michele Lupo (1967), Journal d'une schizophrène de Nelo Risi (1969), L'invasion d'Yves Allegret (1970), Bronte : cronata di un massacro che i libri di storia non hanno raccontato de Florestano Vancini (1972), Il giorno del cobra de Enzo G. Castellari (1980)...





Il a écrit et réalisé :
Nobel (2001)
Homère la dernière Odyssée (Nel profondo paese straniero) 1997, avec Claude Rich, Valéria Cavalli, Grégoire Colin, Jacques Dufilho.
Et ensuite le feu (La prossima volta il fuoco) 1993, avec Jean Rochefort, Maris-Christine Barrault, Lila Kedrova.
L'amour necessaire (Amore necessario) 1991, avec Ben Kingsley, Marie-Christine Barrault, Ann Gisel Glass.
Barbablù, Barbablù (1987) avec John Gielgud, Susannah York, Hector Alterio, Maria Laborit.
Les chiens de Jerusalem (1984 - TV), avec Jean Rochefort et Bernard Fresson (Premier prix Ochio del Pardo, meilleur acteur Jean Rochefort au Festival de Locarno).
Les ambitions déçues (Le ambizioni sbagliate - TV) 1982, avec Maria Laborit, Veronique Genest, Giovanni Visentin.
Il Quatertto Basileus (1982) avec Hector Alterio, Michel Vitold, Omero Antonutti, Pierre Malet.
L'âge de la paix (L'Eta della pace) 1974, avec O.E. Hasse et George Wilson.
Corps d'amour (Corpo d'amore) 1972, avec François Simon et Mimsy Farmer.

Fabio Carpi a reçu le Prix Sergio Leone aux Rencontres du Cinéma Italien de Annecy en 1991.

"Selon moi Nobel pourrait être défini comme un road-movie, et en même temps, comme un kammespiel, parce que bien qu'il accompagne les deux héros dans un voyage qui se déroule à travers la Suisse, l'Allemagne et jusqu'au Danemark, avec les rencontres et les mésaventures caractéristiques de tout voyage, ce film est aussi (et peut être surtout) un récit intériorisé qui, à travers les deux héros, l'écrivain Alberto et le journaliste Alessandro, tend à représenter deux âges de l'homme, la vieillesse et la jeunesse, et deux façons différentes, voire opposées, d'affronter la vie, que le vieil écrivain contemple d'un air désenchanté, tandis que son jeune compagnon l'agresse avec une exubérante vitalité
Alberto, modérément cynique, Alessandro sentimental, les deux voyageurs forment un couple à la fois affectueux et conflictuel, comme le sont presque toujours les couples père/fils.
obel, reprend en un certain sens, et élabore à nouveau avec une histoire différente, les mêmes thèmes que ceux de Quartetto Basileus : le refus de la paternité, l'affrontement entre les générations, l'attirance pour la jeunesse, le regret du temps perdu, le conflit mannien entre l'art et la vie.
Mais tandis que dans Quartetto Basileus l'art s'illustrait à travers la musique et dans une de ses expressions les plus intimes - le Quatuor justement - ici l'ascèse, le processus de ségrégation, de distanciation du monde (et de ses vanités) est imposé par la littérature pratiquée de manière si exclusive qu'elle va jusqu'à lui sacrifier l'expérience du mariage et de la paternité, avec comme résultat l'ouverture d'une blessure incurable que même l'attribution du Prix Nobel ne réussira pas à refermer.
Pour Alessandro, le jeune homme, c'est un voyage d'initiation aux mystères (et aux sacrifices) de la littérature; pour Alberto, l'homme mûr, c'est la découverte d'une richesse vitale qu'il s'est volontairement refusée au cours de son existence égoiste, à travers le regard avide - la jeunesse est toujours avide - du journaliste.

La femme que l'écrivain a aimé (et, par égoisme, abandonné dans le passé) revient, de façon répétitive, se présenter dans les moments de solitude, à la mémoire de l'écrivain qui à la fin, parvient à en évoquer l'image éternellement jeune, dans l'extrême tentative de la posséder. Mais c'est un rêve - ou un regret - qu'il serre dans ses bras. Les rencontres de voyages, les désaccords entre ces deux personnages que tellement d'années séparent, les incompréhensions réciproques, les jalousies, les disputes, les amours - même si sous une forme différente - pour la même femme, constituent le tissu d'une histoire qui est aussi riche en coups de théâtre souvent imprévisibles, et toujours jouée sur le fil de l'ironie."
Fabio Carpi