Gregg Araki

White Bird (2014)

Photo dernier film Gregg Araki
Photo dernier film Gregg Araki

BIOGRAPHIE

Né  Los Angeles, de parents originaires d'Asie, Gregg Araki étudie le cinéma à l’université de Californie du Sud, où il est particulièrement influencé par le burlesque. Il débute sa carrière de réalisateur en 1987 avec Three bewildered people in the night, romance entre une artiste vidéo, son amant et son ami homosexuel. Ce film, rapidement hissé au rang de classique du cinéma indépendant américain, remporte trois prix à Locarno.

Remarqué pour son anticonformisme, Araki émerge véritablement en 1992 avec The living end, un film sur deux amants gays et porteurs du virus HIV qui rompt avec les précédentes oeuvres par sa dimension beaucoup plus tragique. Ce n'est pourtant qu'avec le premier volet de sa trilogie de l'apocalypse adolescente, Totally fu**ed up (1993), qu'il se positionne résolument contre le sentimentalisme d’un certain cinéma gay.

La suite enfonce le clou du désenchantement et de la subversion. The Doom generation (1995), décrit par Araki lui-meêm comme "un épisode de Beverly Hills 90210 sous acide", est violemment rejeté par les critiques les plus conservateurs en raison de sa violence graphique et de son érotisme acharné. Nowhere (1997) affirme son statut en Europe, clôt la trilogie mais continue à susciter le malaise Outre-Altlantique à cause de sa noirceur et de son caractère libertaire affirmé.

Gregg Araki semble alors avoir le désir d'apaiser son cinéma, et revient à un optimisme voire un romantisme plus franc pour diriger Kathleen Robertson, déjà présente au générique de Nowhere, dans la comédie Splendeur, timidement accueillie au Festival de Sundance en 1999.

Le virage s'opère doucement, mais sûrement avec le film suviant. Mysterious skin (2004), adapté du roman de Scott Helm, le réconcilie à la fois avec la critiqeu américaine et le confirme comme un des grands cinéastes américains contemporains. Il y aborde avec gravité, pudeur et son onirisme caractéristique le sujet tabou de la pédophilie.

Devenu incontorunable, il continue pourtant de tourner dans l'industrie du cinéma indépendant, alternant ludique récréation burlessque comme l'hilarant Smiley face, et teenage comedy plus profonde et déjantée, comme l'apocalyptique Kaboom (2010), retour aux sources punk de son cinéma.
Gregg Araki