Isabelle Huppert : critiques des internautes

cinema

 L'art de la nuance


Déposé par cinemane le 08/05/2008 

 

Dans ses premiers films, avec son visage d’adolescente et son corps de femme, Isabelle Huppert suscite, non sans perversité, le désir des hommes : Dupont Lajoie (1975, d’Yves Boisset), Le juge et l’assassin (1976, de Bertrand Tavernier). Elle paraît alors vouée aux rôles de victime passive du destin autant que d’un comportement équivoque, comme l’est, exemplairement, La dentellière (1977, de Claude Goretta). Pourtant, en Violette Nozière (1978, de Claude Chabrol), elle se rebelle, sans bruit, contre la médiocrité de son existence, jusqu’à assassiner ses parents. Dès lors, ses personnages seront souvent des monstres de duplicité sous le masque de l’innocence. Elle sera nymphomane meurtrière dans Eaux profondes (1981, de Michel Deville) et dans Coup de torchon (1981, de Bertrand Tavernier) et incarnera La garce (1984, de Christine Pascal) archétypique, de même que dans Loulou (1980, Maurice Pialat), dans La truite (1982 de Joseph Losey), et encore dans La femme de mon pote (1983, de Bertrand Blier). Mais c’est sous la direction de Claude Chabrol qu’Isabelle Huppert atteint la perfection dans le délicat registre de l’ambiguïté. Après Violette Nozière, le cinéaste lui confie un rôle d’avorteuse dans Une affaire de femmes (1988), puis son travail avec Chabrol s’enrichit d’une Madame Bovary (1991) très crédible et frémissante, de l’inoubliable postière auteur du sanglant massacre de La cérémonie (1995), d’une arnaqueuse ordinaire de casino dans Rien ne va plus (1997), et enfin du rôle de la glaçante Mika dans Merci pour le chocolat (2000), où l’actrice incarne tout bonnement le Mal. Dans ce dernier film, dirigeante d'une entreprise chocolatière suisse, elle tisse sa toile pour éliminer ceux qui la gênent, jusque dans sa sphère privée et familiale.










 

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