James sort du boisLe moins que l'on puisse dire, c'est que les rôles forts, ambigus et audacieux n'effraient pas James Woods. De sa première apparition dans Les Visiteurs d'Elia Kazan, à son rôle de père effacé et dépassé dans Virgin suicides, il aura porté quelques uns des personnages marquants du cinéma américain des années 80 (Vidéodrome, Salvador).Né à Verthal, dans l'Utah,
James Woods perd son père, officier des renseignements, alors qu'il n'a que 13 ans. Sa mère, institutrice l'élève alors en compagnie de son nouveau mari Thomas Dixon, dans la paisible ville de Warwick. Là bas, le jeune homme effectue des études brillantes (science politiques, bourse au prestigieux Massachussets Institute of Technology), aspire à devenir pilote de chasse, mais se voit refuser l'entré après un accident qui laisse sa main légèrement handicapée.
Décidé à ne pas subir le sort, il se dirige alors vers New-York pour tenter sa chance en tant qu'acteur, malgré les doutes de sa mère. Il fait ainsi ses débuts au Lyceum theatre de Broadway, optant la plupart du temps pour des rôles risqués et forts qui lui vaudront quelques récompenses, notamment un Theatre World Award pour sa prestation dans
Moonchildren de Michael Weller.
En 1972, fort de sa notoriété acquise sur scène, il est embauché par Elia Kazan, grand découvreur de talents scéniques (lui même ex-metteur en scène), pour tenir un des rôles principaux des
Visiteurs. Là encore, Woods se démarque par ses choix radicaux, son goût des personnages ambigus et des sujets forts (ici la guerre du Vietnam traité de manière implicite dans un huis-clos angoissant).
Si ce goût du risque lui permet d'obtenir des rôles marquants, il a aussi son revers : Woods est ainsi longtemps cantonné dans des rôles de bad guys ou de petite frappe nerveuse qui ne constituent pas la part la plus reluisante de sa filmographie (
Bande de flics,
Pacte avec un tueur,
L'Expert).
Reste que Woods, avec sa longue silhouette et sa machoire carrée, a porté avec une intensité rarement égalée certains des personnages les plus marquants du cinéma américain des vingt dernières années. Il est ainsi l'émouvant compère de De Niro dans le magistral
Il était une fois en Amérique (1984) ou le détective, grand prêtre de la "nouvelle chair" dans l'étrange
Vidéodrome de Cronenberg (1983).
A son tableau de chasse, outre Leone, il a également accroché quelques unes de plus belles signatures d'Hollywood en seulement 30 années de carrière : Scorsese (
Casino), Sidney Pollack (
Nos plus belles années), Carpenter (sa composition très "rock" dans
Vampires) et surtout
Oliver Stone qui lui offre un de ses plus beaux rôles dans
Salvador (1986, nommé à l'Oscar) et le retrouvera à deux autres reprises pour
Nixon (1995) et
L'Enfer du dimanche (1999).
Malgré quelques occasions ratées (notamment un rôle dans
Reservoir dogs que son agent refusera sans le consulter) et un Oscar qui lui passe deux fois sous le nez,
James Woods mène ainsi une carrière pleine jusqu'a la fin des années 90 et un rôle sobre et touchant de père dépassé dans
Virgin suicides (1999). A partir de cette date, l'étoile de cet activiste engagé aux côtés des conservateurs, ternit un peu, entre des caméos potaches chez les frères Wayans (
Scary Movie 2) et quelques doublages de dessins animés pas toujours bien venus (Stuart Little 2, Les Rois de la glisse).
Le salut viendra alors de la télévision où, entre des apparitions dans "Urgences" et surtout un rôle savoureux d'avocat cynique, véritable requin du barreau dans "Shark".