Angel FaceLe titre original du film d'Otto Preminger qu'elle tourne en 1953 lui va à merveille. Avec son visage lisse, apaisant et angélique la belle Jean Simmons a fait craquer des générations de spectateur. Mais son magnétisme va bien au-delà d'un physique enjôleur et son jeu fin, émouvant lui a permis d'offrir quelques belles prestations (Hamlet, Spartacus, Elmer Gantry) entrée dans l'histoire du cinéma.Née à Crouch Hill, quartier au Nord de Londres, Jean Merylin Simmons passe une partie de son enfance à Winscombe où sa famille a été évacuée pendant la Seconde Guerre Mondiale. Là-bas, elle fait étalage de ses talents vocaux en accompagnant sa soeur dans des numéros de chant sur la scène locale.
De retour à Londres, la jeune fille entre donc logiquement à l'Aida Foster School of Dance où ses qualités sceniques séduisent le metteur en scène Val Guest qui lui confie alors le rôle d'Heidi dans son film
Give us the moon (1944). Elle entre alors dans l'usine à enfant-star et s'impose deux ans plus tard dans
De Grandes espérances de David Lean, où son visage d'une rare limpidité, quasi angélique, suscite l'admiration sans borne des spectateurs.
En quelques films, elle devient une icône dans son pays, faisant ses classes avec élégance dans le cinéma enjoué de Michael Powell (
Le Narcisse noir) et obtenant même un prix d'interprétation à Venise pour son rôle dans
Hamlet de Laurence Olivier. Hollywood ne tarde donc pas à s'intéresser à ce talent brut à la beauté vriginale, particulièrement le magnat Howard Hughes qui la débauche en 1950.
Là-bas, elle épouse son premier mari, l'acteur Stewart Granger, et tourne sous la direction de Preminger dans le bien nommé
Un si doux visage (1953). Actrice émouvante, capable d'instiller une part de sensibilité dans chacun de ses rôles, elle passe alors dans les mains des plus grands réalisateurs (Michael Curtiz pour
L'Egyptien, Mankiewicz dans
Blanches Colombes et vilains messieurs ou Stanley Donen pour
Ailleurs l'herbe est plus verte) confirmant son talent enfantin.
Très active jusqu'à la fin des années 60, ses deux plus beaux rôles restent sans doute celui de Varinia dans le monumental
Spartacus de Kubrick (1960) et celui, très ambigu de l'évangeliste Aimée Mc Pherson face au puissant
Burt Lancaster dans
Elmer Gantry (réalisé en 1960 par son second mari,
Richard Brooks).
La suite de sa carrière est beaucoup moins riche, essentiellement tournée vers la télévision où certains de ses rôles (notamment dans les séries romantiques "Heidi" ou "Nord et Sud") lui vaudront une belle notoriété auprès du public américain. Au cinéma, son activité est en sommeil même s'il lui arrive de prêter sa douce voix à des films d'animation comme
Final Fantasy et
Le Château dans le ciel.