Le Droit de filmer ?Cinéaste au discours politique souvent limite, notamment lorsqu'il s'attaque à d'épineuses questions comme le snuff movie (8 mm) ou l'auto-défense (Le Droit de tuer, Joel Schumacher n'est pas connu pour sa grande finesse. Pour autant, cet ex-costumier de Woody Allen a su se muer en bon yes man à la fin des années 90, réalisant quelques honorables thrillers de studio (Phone game).Né à New York,
Joel Schumacher, orphelin de père depuis l'âge de 4 ans, entame des études de stylisme mais réalise assez vite que sa vraie passion reste le cinéma. Il déménage donc à Los Angeles où son diplôme et sa formation lui permettent de devenir le costumier de cinéastes prestigieux comme Herbert Ross et Woody Allen (
Interiors) au début des années 70.
Il réalise ensuite quelques téléfilms avant d'être propulsé, en 1981, à la tête d'une série B fortement influencé par le cinéma de Jack Arnold (
The Incredible Shrinking women). Il s'impose ensuite très vite comme un cinéaste aimant filmer les excès d'une jeunesse perdue comme dans
St Elmo's Fire où il met en scène une
Demi Moore juvénile,
Génération perdue (1987), variation autour du vampirisme et surtour
L'Expérience Interdite (1990) où s'ébattent
Kiefer Sutherland et Julia Roberts.
Le film obtient un joli succès d'estime et permet à Schumacher d'entrer dans la cour des grands, mais aussi de sombrer dans quelques excès idéoogiques pour le moins douteux. Avec
Chute Libre (1993), il réalise un de ces nombreux plaidoyers limites autour de l'auto-défense qui jalonneront son travail controversé (idéologie nauséabonde que l'on retrouve ça et la dans
Le Client,
8 mm ou l'explicite
Le Droit de Tuer).
Il s'attaque ensuite à la franchise
Batman pour deux épisodes un peu fourre-tout, mêlant fétichisme de styliste et esthétique "kitsch" évoquant la série originelle. Son parcours devient alors celui d'un "yes man" des studios, naviguant entre comédie grand public (
Bad Company,
Personne n'est parfaite), film de guerre (
Tigerland en 2000), thriller paranoïaque (
Phone game en 2003) ou adaptation de prestige (
Le Fantôme de l'Opéra).
A l'aise dans le thriller, Shcumacher revient régulièrement à ce genre depuis le milieu des années 2000, d'abord avec le
nombre 23 où
Jim Carrey sombre dans une étrange paranoïa, où le prochain
Town Creek. En 2010, il retrouvera
Kiefer Sutherland, qu'il avait révélé en 1990, pour le film
Douze.