Le théâtre est une vocation précoce pour Katie Mitchell qui réalise sa première mise en scène à seize ans, en 1980. Elle fait ses preuves en travaillant sur des oeuvres classiques, mais d'une façon décalée comme le suggère le nom de sa compagnie : Classics on a Shoestring (Classiques à petit prix). Un choix révélateur de son envie de dépoussiérer le mode de représentation des textes du répertoire, allant jusqu'à faire réécrire à Martin Crimp une nouvelle version de La Mouette de Tchekhov. Son désir de sortir des chemins tout tracés l'entraîne vers les territoires de l'Est européen. Elle travaille avec des artistes russes, polonais, lituaniens et géorgiens qui lui semblent porteurs d'avenir dans leurs recherches esthétiques et dramaturgiques. De retour au Royaume-Uni, elle s'intéresse aux auteurs d'aujourd'hui, sans oublier pour autant ses "chers classiques", et devient artiste associée du temple britannique des écritures dramatiques contemporaines : le Royal Court Theater de Londres. Sa rencontre avec le vidéaste Leo Warner modifie son regard sur la scénographie, tant pour son travail au théâtre - notamment pour son adaptation du roman de Virginia Woolf, Les Vagues - que pour les mises en scène d'opéras qu'elle présente dans les grands festivals d'art lyrique, dont celui d'Aix-en-Provence où elle sera cet été avec Written on Skin de George Benjamin. En 2011, elle vient pour la première fois au Festival d'Avignon avec Christine, une adaptation personnelle de Mademoiselle Julie.