Maître du réalisme poétiqueSon nom reste associé à celui de Jacques Prévert, avec lequel il collabora à de nombreuses reprises. Dans l'industrie du cinéma français des années 30, il a contribué à codifier le réalisme poétique, mêlant chronique sociale et goût pour l'onirisme dans des chefs-d'oeuvre comme Le Jour se lève, Quai des brumes ou Les Enfants du Paradis.Né à
Paris, il semble destiner à suvire le chemin paternel en devenant ébeniste. Pourtant, il se passionne très vite pour la photographie et suit des cours aux Arts et Métiers. C'est ainsi qu'il rencontre par hasard Françoise Rosay, épouse de Jacques Feyder dont il devient l’assistant. En 1936, il tourne
Jenny. Ce film apparemment sans prétention, scelle son destin puisqu'il y rencontre le poète Jacques Prévert, celui qui deviendra le scénariste attitré de ses plus grands chefs-d'oeuvre.
Il enchaîne alors les réussites esthétiques et publiques, définissant progressivement les contours du réalisme poétique, ce soupçon de surréalisme dans des fictions profondément ancrée dans le réel, à la limite de la chronique sociale (le déclassé magnifiquement incarné par Gabin dans
Le Jour se lève en 1939). En 1937, il tourne la comédie
Drôle de Drame, réunissant la crème des acteurs français (Jouvet, Simon, Rosay), puis suivent
Quai des Brumes,
Hotel du nord (1938), autant de films marqués par des interprétations magnétiques et des dialogues cultes ("T'as de beaux yeux tu sais", "Atmosphère, atmosphère...").
Dans les années 40, sous l'Occupation Carné et Prévert contourne la censure et livre leurs oeuvres les plus abouties et les plus réussies : des
Visiteurs du soir, aux
Portes de la Nuit (avec un Montand juvénile) en passant par le chef-d'oeuvre absolu que constitue
Les Enfants du Paradis. La suite de sa carrière est plus chaotique marquée par le syndrôme "qualité française" que fustigeaient Truffaut et les jeunes turcs de la Nouvelle vague.
De
Thérèse Raquin (1953) aux
tricheurs (1958) son travail est correct mais souffre de l'absence de Prévert. il semble parfois même embourbé dans une sophistication un peu vaine, comme dans
La Bible en 1977. Marcel Carné s'arrête de tourner au début des années 80 et meurt à
Paris, le 31 octobre 1996.
Ses pièces de théâtre avec Spectacles.fr