Un Super MannSans doute un des cinéastes américains majeurs des années 90, Michael Mann a codifié le cinéma hollywoodien contemporain en s'affirmant comme un grand expérimentateur de formes. Avec Heat, Révélations ou Collateral, il a crée une esthétique bleutée, marquée par les effets de reflet et de transparence qui a durablement influencé le cinéma de genre et le film d'action.Né à Chicago,
Michael Mann est un fils d'épicier juif, qui grandit dans le quartier d'Humboldt Park, s'imergeant ainsi dans la culture musicale "blues" de la ville. Il tombe égaleemnt amoureux du cinéma de Kubrick en voyant
Dr. Folamour, film qui l'incite à s'intéresser de plus près au 7e art.
Au début des années 60, il part donc à Londres pour intégrer la "London Film School" et étudier le cinéma. Il passe sept années là-bas, travaillant aux côtés de Ridley Scott et Alan Parker sur des publicités et réalisant deux courts-métrages autour des évènements de 68 en France, "Insurrectioné" et "Janpuri", courroné au festival de
Cannes en 1971.
De retour aux Etats-Unis, au milieu des années 70 il fait ses armes en tant que scénariste sur la série "Starsky et Hutch", réalise un téléfilm et gagne ainsi le droit de réaliser son premier long-métrage en 1981 :
Le solitaire, sombre polar avec
James Caan. Selectionné à
Cannes, le film est un beau succès d'estime et lui permet d'enchaîner avec un ambitieux film mariant esthétique gothique et film de guerre :
La Forteresse noire (1983), flop commercial plusieurs fois remonté par les producteurs.
Mann ne se décourage pas et entame la création et la production de la série "2 Flics à Miami", gros succès télé des années 80, avec son esthétique pop et violente. Toujours en vue, il réalise donc une adaptation de "Dragon Rouge", best-seller de Thomas Harris.
Le Sixième sens sort en 1986 et pose pour la première fois les jalons de ce que sera l'esthétique du cinéma de
Michael Mann : image bleutée (utilisation de filtres et d'effet de nuit américaine), goût pour la transparence, les effets de réflexion et prépondérance de la thématique du double.
C'est le début d'une progression permanente dans l'oeuvre du cinéaste qui approfondit à chaque film son travail abstrait sur l'image et influençant durablement le cinéma de genre contemporain. Du
Dernier des Mohicans (1992) à
Révélations (2000), en passant par le légendaire
Heat (réunissant Pacino et De Niro mais constituant surtout un patron pour le thriller contemporain), il s'affirme comme un des cinéastes hollywoodiens majeurs, alliant brillament sens de l'entertainment intelligent et expérimentations formelles.
A partir de 2002 et du biopic
Ali son cinéma tend plus résolument vers l'éxperience sensorielle et abstraite. Il réalise un des premiers films en vidéo HD,
Collateral, offrant une vision nocturne, sombre et violente d'un Los Angeles qui semble comme traversé par les vitres et les miroirs. Il poursuit ce travail en le chargeant d'une densité narrrrative inédite et fortement elliptique avec l'adaptation de sa propre série
Miami Vice (2006).
Egalement producteur et acteur, il fait là-aussi preuve d'une exigence inédite, produisant le biopic enflammé d'Howard Hugues par Martin Scorsese (
Aviator, 2004) ou le film de super-héros décalé
Hancock (2008). En 2009, Mann repasse derrière la caméra avec
Public Enemies film noir au casting impressionant :
Johnny Depp,
Christian Bale et
Marion Cotillard.