Drôle d'acteurNé en même temps que le cinématographe, il se plaisait à dire ironiquement qu'un malheur n'arrive jamais seul. Pourtant, Michel Simon a sans doute été un des premiers grands acteurs français de l'histoire du cinéma, tournant avec Renoir, Carné, quelques-uns des plus beaux chefs-d'oeuvre de l'avant-guerre comme Drôle de Drame, l'Atalante ou Boudu, sauvé des eaux.Né François-Joseph Simon, à Genève (il gardera toute sa vie la nationalité suisse),
Michel Simon se détourne rapidement du milieu scolaire pour la vie de saltimbanque. Jeune, il quitte sa famille pour aller vivre à
Paris, exerçant divers petits métiers à la sauvette. Amateur de littérature, il fait ses débuts dans le monde du spectacle en interprétant quelques numéros de cirque dans les années 10. C'est alors qu'il est appelé en Suisse pour défendre son pays pendant la Première guerre mondiale.
De retour en France, il décide de devenir acteur et intègre la troupe de George Pitoëff en 1915. Simon s'aguerrit, prend confiance et quitte la troupe en 1923 pour s'épanouir dans les pièces de boulevard aux côtés de Dullin puis de Louis Jouvet qui l'adoube dans "Jean de la Lune" en 1929. Au cinéma, il débute en 1925, chez Marcel l'Herbier dans
Feu Mathias Pascal, mais profite surtout du parlant pour imposer un physique hors-norme, élastique et malléable à souhait, d'où surgit une voix fluette, presque enfantine.
Il connaît le succès dans les années 30, notamment grâce à sa collaboration avec
Jean Renoir et des films comme
La Chienne (1931),
Boudu sauvé des eaux (1932), mais aussi grâce au chef-d'oeuvre de Jean Vigo,
L'Atalante en 1934 où il incarne le père Jules. De sa filmographie, longue de près de 100 films on retiendra également
Quai des brumes de Marcel Carné (un autre de ses cinéastes fétiches),
Panique de Julien Duvivier ou
La Poison de Sacha Guitry.
Acteur populaire avant tout, il ne cessera jamais de tourner tout au long de sa carrière, suscitant autant l'intérêt des cinéastes dans les années 50 que pendant sa période faste des années 30. Le renouvellement des générations et l'arrivée des jeunes turcs de la Nouvelle vague démode quelque peu
Michel Simon dans les années 60, mais c'est paradoxalement à cette époque qu'il obtiendra un de ses derniers grands rôles dans le film de
Claude Berri,
Le vieil homme et l'enfant (1967), pour lequel il obtient un Ours d'argent à Berlin.
Il s'éteint le 30 mai 1975, à Bry-sur-Marne, quelques semaines après avoir terminé son dernier film,
L'ibis rouge de
Jean-Pierre Mocky.
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