Du nanar au annales ?Pas toujours servi par des rôles à sa mesure et souvent confiné dans son personnage de pied-noir caricatural, Robert Castel s'est longtemps débattu dans le nanar franchouillard (Attention les yeux !) alors que certains de ses passages chez des cinéastes comme Cavalier (L'Insoumis) ou Boisset (Dupont-Lajoie) laisse songeur.Né à Bab El-oued, en Algérie, Robert Adolphe Moyal (dit
Robert Castel) embrasse d'abord une carrière dans le music-hall, accompagnant son père Lili Labassi (musicien d'influence arabo-andalouse) au tar ou à la guitare. Parallèlement, il fréquente le CRAD (Centre Régional d'Art Dramatique) d'Alger et c'est ainsi, tout à fait par hasard, qu'il se retrouve à
Paris, en 1957, à l'affiche d'un spectacle d'improvisation théâtrale monté par Geneviève Baïlac.
Il n'a que 24 ans et déjà, avec cette
Famille Hernandez, il endosse le rôle du pied-noir haut en couleurs dans lequel il sera presque systématiquement cantonné. A 26 ans, il fait ses débuts sur grand écran avec
Un Témoin dans la ville d'Edouard Molinaro (1959). C'est le début d'une longue carrière dans la comédie franchouillarde, avec des titres pas forcément toujours reluisants où son abbatage comique et burlesque fait parfois mouche.
De Serge Korber (
Un Idiot à Paris) à Robert Dhéry (
Vos gueules les mouettes), en pasant par Gérard Pirès (
Elle court, elle court, la banlieue) et l'inénarrable Jean Girault (
Le Permis de Conduire),
Robert Castel côtoie à peu près tout ce que la comédie boulevardière a fait de mieux (ou de pire), répétant à l'envi sa partition "avec accent" face à
Jean Lefebvre ou
Jean-Pierre Darras.
Pour autant, la carrière filmique de cet ancien talentueux musicien ne se résume pas au seul spectre du nanar 70's. Castel a également démontré toute la justesse de son jeu lorsque des cinéastes plus chevronnés ont fait appel à lui. Qu'il s'agisse d'Yves Boisset dans
Dupont-Lajoie (1974), Alain Cavalier dans
L'Insoumis (1964) ou José Giovanni dans
Deux hommes dans la ville (1973) : tous ont su lui offrir des personnages à la hauteur de talent.
Au début des années 90, un regain d'intérêt chez certains auteurs lui permet de trouver quelques uns de ses rôles les plus drôles ou émouvants. Pierre Salvadori lui confie ainsi un rôle dur et touchant dans
Les Marchands de Sable (2000), tandis que Philippe Le Guay utilise sa verve comique dans
Du jour au lendemain (2006).