1885 -1957
Sacha Guitry, né Alexandre Georges Pierre Guitry, à Saint-Pétersbourg en Russie, le 21 février 1885, est le
fils du comédien Lucien Guitry et de Renée de Pont-Jest. En 1889, ses parents divorcent. La mère rentre
en France et Sacha et son frère lui sont confiés. Un dimanche, profitant de son droit de visite, son père l'enlève.
En 1891, Lucien Guitry s'installe à Paris où Sacha poursuit des études perturbées. En 1899 le jeune homme
fait ses débuts de comédien dans Hernani, sous le pseudonyme de Lorcey. Dès 1902 il écrit une pièce en un
acte, Le Page. Mais sa première œuvre représentée sera Nono (1905) qu'il interprète aux côtés de son père,
entamant ainsi une longue carrière théâtrale.
Maître du langage, Sacha Guitry n'est pas intéressé par le cinéma muet. Saisissant toutefois l'intérêt historique
de la bande filmée, il réalise le documentaire Ceux de chez nous (1914) avec le sculpteur Auguste Rodin, les
écrivains Anatole France et Octave Mirbeau, les peintres Auguste Renoir, Claude Monet, Edgar Degas, l'actrice
Sarah Bernhardt, etc. Trois ans plus tard, il écrit le scénario d'un film de René Hervil et Louis Mercanton, Un
roman d'amour et d'aventure, œuvre dans laquelle il fait une apparition avec son épouse du moment, Yvonne
Printemps. Et c'est à peu près tout jusqu'en 1935... Cette année-là, il réalise enfin son premier long métrage,
Pasteur, sous le contrôle technique de Fernand Rivers.
Au même programme, l'auteur présente une véritable œuvre de fiction, Bonne Chance, prouvant ainsi qu'il
reconnaît au septième art sa véritable place.
On divise généralement les œuvres cinématographiques de Sacha Guitry en deux catégories : celles issues
de ses pièces de théâtre (dix-sept dont Désiré et Quadrille en 1937, Le diable boiteux 1948) et ses scénarii originaux (dix-neuf dont Le roman d'un tricheur- 1936, Ils étaient neuf célibataires- 1939, Le destin fabuleux de Désirée Clary- 1942). De la première, on parlera longtemps, d'une manière péjorative comme on l'avait fait pour Marcel Pagnol, de théâtre filmé. La seconde sera mieux appréciée par la critique : Si Versailles m'était conté (1953), Napoléon(1954), Si Paris nous était conté (1955), dans lesquelles l'auteur raconte une Histoire de France à la mode d'Epinal.
À la Libération, on lui reprocha d'avoir trop fréquenté les Allemands, ce qui lui vaudra deux mois de détention,
ainsi que l'opprobre de nombreux Français dans l'immédiate après-guerre.
C'est avec beaucoup de difficultés qu'il peut enfin reprendre son travail de réalisateur. En 1947, dans Le comédien, il rend hommage à son père.
En 1951, malade, le maître confie à Fernandel la réalisation du film "Adhémar ou le jouet de la fatalité".
La fin de sa carrière fut perturbée par une santé déclinante.
Cet homme, souvent misogyne dans ses mots d'esprits, partagea officiellement la vie de cinq femmes
(en fait, ce fut plus vraisemblablement le contraire !). La première, Charlotte Lysès, il la vola à son père en 1905. La deuxième, Yvonne Printemps, devint l'épouse très rapidement de Pierre Fresnay. La troisième, Jacqueline Delubac sera l'interprète d'onze de ses films. La quatrième, Geneviève de Seréville, fut la seule à porter professionnellement son nom, puisqu'elle est plus connue sous le patronyme de Geneviève Guitry. La cinquième enfin, Lana Marconi, fut l'épouse de l'après guerre et des moments difficiles.
Victime d'une première hémorragie le 12 juillet 1957, Sacha Guitry décède le 24 du même mois, à Paris.
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