Un cinéaste éclairéLe nom du réalisateur britannique Stephen Frears reste attaché au film qui le révéla en 1985, My beautiful laundrette, une histoire d'amour entre un émigré pakistanais et un punk londonien. Suivront un grand nombre de films explorant l'Amour sous toutes ses formes, mais aussi des comédies enjouées qui tous réunis ont contribué à créer le style Frears.Né à Leicester en 1941,
Stephen Frears fait des études de droit à Cambridge avant de devenir l'assistant du metteur en scène Lindsay Anderson au Royal Court de Londres. Il se tourne ensuite vers le cinéma et assiste le réalisateur Karel Reisz. C'est en 1971 qu'il signe son premier long métrage,
Gumshoe, avec
Albert Finney.
Il travaille par la suite pour la télévision, avant de s'imposer grâce à un film à petit budget qui devient vite un formidable succès,
My beautiful laundrette. Ecrit par
Hanif Kureishi, le film s'attache à la relation amoureuse entre un jeune pakistanais et un punk londonien joué par
Daniel Day-Lewis alors inconnu tout en évoquant la situation politique des années 80. Tourné pour la télévision, le film sort en salles dans le monde entier et s'impose comme un succès critique et commercial.
Le réalisateur s'intéresse encore à des personnages tentant de surmonter les stéréotypes sexuels et sociaux dans
Prick up your ears (1987), portrait du dramaturge Joe Orton, avec
Gary Oldman,
Alfred Molina et
Vanessa Redgrave, et dans
Sammy et rosie s'envoient en l'air (1987), de nouveau écrit par Kureishi, qui traite des rapports inter-culturels et des conflits entre générations dans un Londres ravagé par les émeutes.
Stephen Frears fait ensuite ses débuts hollywoodiens avec Les liaisons dangereuses (1988) qui lui vaut une citation au BAFTA du meilleur réalisateur. Sur un scénario de Christopher Hampton, récompensé par un Oscar, le film s'inspire du roman épistolaire de Choderlos de Laclos. Face à John Malkovich en Valmont, Glenn Close y interprète la redoutable marquise de Merteuil.
Pour Les arnaqueurs en 1990,
Stephen Frears obtient une deuxième citation à l'Oscar du meilleur réalisateur. Interprété par John Cusack, Anjelica Huston et Annette Bening, le film impose définitivement Frears comme l'un des cinéastes britanniques les plus doués de sa génération.
Stephen Frears se partage alors entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Héros malgré lui (1992), avec Dustin Hoffman, Geena Davis et Andy Garcia est une fable satirique, tandis que Mary Reilly (1996), relecture du mythe du docteur Jekyll et Mr Hyde, donne l'occasion au cinéaste de retrouver le scénariste Christopher Hampton et les comédiens John Malkovich et Glenn Close. Entre-temps, il signe deux adaptations de Roddy Doyle, The Snapper (1993) et The Van (1996).
Après son western nostalgique, Hi-Lo Country (1998) avec
Woody Harrelson,
Billy Crudup,
Penélope Cruz et
Patricia Arquette, il réalise High fidelity qui s'interroge avec humour sur la notion d'engagement. Tiré du roman éponyme de Nick Hornby, le film est interprété et co-écrit par John Cusack. En 2000, Stephen Frears signe Liam, chronique tendre et dramatique écrite par Jimmy McGovern sur les mésaventures d'une modeste famille de Liverpool dans les années 30. Il enchaîne avec
Dirty pretty things (2002), thriller dramatique qui évoque le parcours d'immigrés sans papiers tentant de survivre à Londres.
En 2003, le réalisateur tourne pour la télévision anglaise The Deal, étude des rapports entre Gordon Brown et Tony Blair, qui a obtenu le BAFTA du meilleur film de télévision en 2004. En 2005, Stephen Frears réalise la comédie dramatique Madame Henderson présente, avec
Judi Dench et
Bob Hoskins.
En 2006 sort dans nos salles son film
The Queen et en 2007, il est Président du Jury des longs métrages du Festival de
Cannes. En 2009, Stephen Frears revient avec Chéri, une fresque historique romantique dans le
Paris du XXème siècle, avec
Michelle Pfeiffer.